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Les rangs des louvetiers s'étoffent

Face à la progression du loup et après une campagne de recrutement, l'effectif des lieutenants de louveterie de l'Isère a été porté à 29 agents.
Les rangs des louvetiers s'étoffent

En cinq ans, l'effectif des louvetiers de l'Isère a été porté de 10 à 29 lieutenants. Le préfet de l'Isère, Lionel Beffre, a remis leurs médailles et carnets à huit nouveaux louvetiers, vendredi 7 décembre, en préfecture. « Avec le retour du loup, le louvetier renoue avec sa fonction historique, indique le préfet. Il joue un rôle primordial. » Car en Isère, le loup colonise de nouveaux territoires comme la Matheysine qui a été particulièrement exposée cette année, ou le parc des Ecrins. Il prolifère aussi dans ses secteurs d'implantation historiques que sont Belledonne, le Vercors et le Trièves. Aussi fallait-il encore renforcer les effectifs des lieutenants de louveterie en recrutant des collaborateurs bénévoles supplémentaires de l'administration pour assurer cette mission de service public. « Car on assiste à une multiplication des attaques et une augmentation de l'effectif loup », confirme Lionel Beffre.

Les lieutenants de louveterie de l'Isère, que préside Philippe Caterino, peuvent intervenir dans les zones non chassables ou difficilement chassables et en dehors des période de chasse. Ils sont appelés pour des battues administratives, pour des dégâts de sangliers sur les cultures, mais aussi pour des nuisances de corvidés ou des opérations plus anecdotiques comme pour déloger une famille de renards du sous-sol d'un collège, pour neutraliser des taureaux échappés d'un élevage ou pour chasser des blaireaux qui menacent la stabilité d'une voie ferrée.

Dès le début de la saison

Mais depuis 2014 et la mise en place du plan national loup, la mission des louvetiers a évolué. Les opérations de prélèvement, qui observent une gradation bien règlementée, ont fait l'objet d'arrêtés préfectoraux. « Depuis 2019, les louvetiers peuvent intervenir dès les tirs de défense simple », explique le préfet qui fait valoir cette « mobilisation dès le début de la saison ». Cette année, avec l'instauration de cercles 0, les louvetiers sont par exemple montés 22 fois au cours de la saison pour protéger les troupeaux en Belledonne dans le Haut-Bréda. Onze attaques auraient ainsi été évitées. Six loups ont par ailleurs été prélevés par des chasseurs dans le cadre de tirs de défense simples. Mais le front de progression semble difficilement contenu. Si bien que le quota national de 100 loups avait été atteint avant la fin de l'année alors que des attaques se poursuivaient en Matheysine, sans plus de possibilité de mettre en place des tirs de défense.

Avant de remettre leur médailles aux nouveaux louvetiers et renouveler le mandat de cinq ans des autres, le préfet a insisté « sur la première obligation de résultat qui est la sécurité », invitant les louvetiers à la prudence notamment lors des interventions de nuit. Il les a aussi appelés à « multiplier les échanges avec le monde agricole et celui de la chasse » et a préconisé « des rencontres en amont des missions » afin que chaque acteur comprenne mieux l'approche et le rôle de l'autre. « La bonne entente avec les chasseurs locaux est la condition de la réussite d'une mission », a insisté Lionel Beffre.

ID