Les reines noires au sommet
Reines d'un jour pour le grand public, reines de toujours pour les passionnés. Le succès rencontré par l'association « Les Hérens de Chartreuse » pour l'organisation de sa bataille de vaches au Planolet, à Saint-Pierre-d'Entremont, en Chartreuse, ne se dément pas. Le rendez-vous est maintenant autant attendu par les éleveurs qui apprécient de se retrouver pour passer une journée ensemble que par les spectateurs, impressionnés par les prestations des bêtes. La seizième édition de cette manifestation, qui a vu le jour en 2000, aura lieu le 2 août.
Faire reconnaître la race
Un tempérament de douceur générale, qui tranche avec un caractère vif et belliqueux, à l'origine des combats que se livrent les bêtes à la sortie de l'étable ou lors de la montée en alpage. Une grande rusticité et une aptitude aux terrains de montagne. Autant de caractéristiques qui favorisent l'attachement des éleveurs pour la race. Si Christophe Cloître, éleveur à Saint-Pierre-d'Entremont, l'a découverte grâce à l'héritage d'une bête, la séduction a été telle qu'aujourd'hui son troupeau - le plus gros du département - est composé de 80 animaux et représente l'essentiel de son activité. S'en est suivi une motivation pour organiser un combat dans les terres chartrousines. « L'objectif était de faire connaître et reconnaître la race en France mais aussi, en parlant de la vache, de faire parler du territoire », explique l'éleveur.
Front contre front
Une centaine de bêtes sont attendues à la bataille du Planolet. Elle prend une nouvelle dimension cette année, puisque ses résultats compteront pour le premier national, organisé au Phare de Chambéry du 18 au 20 mars prochain. Dans l'attente de ce rendez-vous hivernal, une cinquantaine de bénévoles œuvrent d'arrache-pied pour organiser le combat de Chartreuse. « Sans toutes ces « petites mains », le concours et la fête ne pourraient pas avoir lieu », reconnaît Christophe Cloître. Les batailles, qui durent d'une seconde à 45 minutes, permettent l'expression des vaches, qui, placées l'une en face de l'autre, front contre front, poussent chacune jusqu’au recul de l'une des deux. A l'issue des combats, un jury élit l'une des bêtes comme « reine » de la bataille. Même si ces batailles se développent, notamment en Savoie et Haute-Savoie, elles n'atteignent encore pas l'ampleur des manifestations organisées en Suisse et en Italie, dont les effectifs s'élèvent à plus de 13 000 bêtes chacun. Le troupeau français compte, quant à lui, environ 600 têtes.