Les salades d'été à l'heure du choix
« Il y a une sacré hétérogénéité de volume… Est-ce que tu as un problème d'arrosage ? » Tout en saluant la « belle implantation » des salades, Franck, le technicien du semencier Bejo, interpelle Luc Veyron. « Non, les plants étaient déjà hétérogènes », explique le maraîcher. S'il a accepté d'accueillir sur ses parcelles une plateforme variétale salade de la Serail (1) au cours de l'été, c'est pour permettre de « déterminer, en conditions réelles, les valeurs sûres, les valeurs montantes et celles qui sont décevantes ».
L'objectif de l'essai est en effet de « limiter les pertes en production et de permettre la mise sur le marché de produits de meilleure qualité sanitaire par l'utilisation de nouvelles variétés », explique Maxence Desmul, le technicien qui suit les plateformes pour le compte de la Serail. En ce milieu d'été, les résultats diffèrent nettement d'un site à l'autre. Normal : les sols et la conduite de culture sont très différents. A Feilleins, dans l'Ain, les salades ont été implantées sur sol nu (sables fins, profonds). Le résultat est assez homogène et les salades sont volumineuses, quoiqu'un peu fragiles. Sur place, Maxence Desmul a constaté l'apparition de pourriture du dessous et de Rhizoctonia sur tous les types de salade. Côté flore adventice, il a relevé du galinsoga, de l'amarante et du pourpier.
A Saint-Etienne-de-Saint-Geoirs, en Isère, où les sols sont limono-sableux, et même caillouteux, Luc Veyron, a installé les plants de salade sur un paillage de plastique blanc microperforé. Pour le technicien de la Serail, les résultats, hétérogènes dans l'ensemble, sont « à prendre avec des pincettes », car le paillage blanc a tendance à favoriser le bordage, voire la bactériose. De fait, il a observé la présence de Rhizoctonia, de bactériose et de bordage sur tous les types de salade. « Ce n'est pas la plateforme la plus jolie, mais c'est intéressant de voir la tolérance à la bactériose », conclut-il.
Marianne Boilève
(1) Station d'expérimentation Rhône-Alpes - information légumes (Brindas).
Rhizoctonia, un marqueur de sol maraîcher fatigué
Rhizoctonia solani (ou Thanatephorus cucumeris) est signalé dans toutes les zones de production de salade. Ce champignon de sol provoque des pourritures basales, dommageables sur les plantes à l'approche de la maturité, car les feuilles de la base qui pourrissent, obligent à parer les plantes d'une façon importante, au détriment du poids des salades commercialisées. C’est un marqueur biologique des sols maraîchers "fatigués" ayant porté à plusieurs reprises des salades et/ou d'autres cultures légumières sensibles. Les investigations réalisées en France afin de caractériser les souches de rhizoctone sur salades ont permis de détecter des souches appartenant aux groupes d'anastomose AG1 et AG5.ProtectionThanatephorus cucumeris se développe aussi bien dans les sols humides et lourds que dans des sols plus légers et plus secs, à des pH acides ou basiques et à des températures comprises entre 5 et 36°C. Les sols trop secs ou trop humides paraissent l'inhiber. Les attaques de Thanatephorus cucumeris sur salade ont lieu plutôt lorsque les températures sont clémentes, de l'ordre de 23-27°C, et en présence d'humidité. Les solutions de protections chimiques contre le rhizoctone se restreignent et sont aujourd’hui limitées au seul SIGNUM (Boscalid + Pyraclostrobine, 1,5kg/ha, 2 applications, DAR 14/21j) car MONCEREN L (Pencycuron, 3l/ha, 3applications, DAR 21j) est en retrait avec écoulement des stocks.Maxence Desmul
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