Accès au contenu
Actu vue par

« Les salariés qualifiés sont une des clés de la performance »

Gilles Convert, président d'Agri Emploi 38. Le producteur de noix, qui vient d'être élu à la tête du groupement d'employeurs agricoles isérois, revient sur les conséquences des récents épisodes orageux et évoque les projets de développement à venir.
« Les salariés qualifiés sont une des clés de la performance »

Quelles conséquences les récents épisodes météo risquent-ils d'avoir en termes d'emploi ? Peut-on craindre une baisse d'activité pour Agri Emploi 38 ?

Paradoxalement, pour le moment, les demandes sont en hausse. Les agriculteurs ont besoin de salariés pour les aider à déblayer les arbres tombés. Dans certains secteurs, comme Beaulieu, Saint-Bonnet-de-Chavagne, Cras, Chantesse, dans les collines au-dessus de Saint-Marcellin ou sur les coteaux entre Vinay et Tullins, il y a des endroits où ça a vraiment été l'apocalypse. Dans notre exploitation, à L'Albenc, nous n'avons vu tomber qu'une cinquantaine de noyers, mais certains producteurs de noix ont eu jusqu'à 1 000 arbres à terre. Les récoltes de fourrages sont également compromises, les bâtiments d'élevage abîmés. Pour les céréales à paille, c'est très compliqué. Il n'y a guère que pour les maïs où ça a l'air de bien repartir. Dans ce contexte, comme Agri Emploi fournit beaucoup de salariés, l'activité risque en effet de baisser dans les prochaines semaines.

Vous qui êtes producteur de noix, comment entrevoyez-vous la récolte de cet automne ?

Elle va certainement être réduite à la portion congrue. Mais il y aura toujours des noix à ramasser et nous aurons besoin de personnel, notamment de chauffeurs pour les ramasseuses. Pour l'instant, nous sommes tous sous le choc. Mais il y aura une récolte. Comment se passera-t-elle ? Tant que les noix ne seront pas dans les pallox, nous ne le saurons pas. Cela dit, des cataclysmes, il y en a toujours eu. Nous avons toujours été confrontés à des situation compliquées. On s'en est toujours sorti. Il n'en reste pas moins qu'aujourd'hui, nous avons moins de marges de manœuvre.

Vous venez de prendre la présidence d'Agri Emploi 38. Pourquoi un tel engagement ?

C'est suite au départ de Martial Durand, que je remercie pour tout le travail qu'il a accompli durant toutes ces années. J'en profite pour remercier également Pascal Denolly qui est à l'origine de ce groupement d'employeurs. Pour ma part, j'étais déjà administrateur. Quand on se sent concerné par la question de l'emploi, il est normal de s'investir. Car avoir des salariés qualifiés, c'est une des clés de la performance de nos exploitations.

Comment envisagez-vous l'avenir de la structure ?

Nous avons à l'heure actuelle 85 adhérents et plus de 40 salariés : 16 CDI, 23 CDD et deux apprentis. Il va falloir poursuivre le travail en cours, trouver de nouveaux salariés et renforcer le service de façon à mieux répondre aux besoins de nos adhérents. Plus ça va, plus les demandes évoluent. Nous avons des demandes en transformation fromagère. Certains agriculteurs recherchent des profils polyvalents, capables par exemple de s'occuper aussi bien d'un élevage que d'une ferme pédagogique... C'est très varié. Nous sommes également en train de réfléchir à constituer un guichet unique de l'emploi.

Qu'entendez vous par guichet unique ?

Pour l'instant, c'est encore à l'état de projet. Cette initiative, portée par la FDSEA, vise à être plus performant et plus réactif vis-à-vis des demandes de nos adhérents. Il s'agit de mutualiser les ressources et les compétences de plusieurs structures au sein d'une même entité, comme cela se fait déjà dans le Rhône avec Graine d'emplois, que nous avons rencontré en juin dernier. L'idée, c'est de simplifier le parcours, tant pour les salariés que pour les entreprises agricoles. Dans un premier temps, nous réfléchissons à un rapprochement avec le service de remplacement, mais d'autres OPA pourraient également faire partie de ce guichet unique.

Propos recueillis par Marianne Boilève