Saint-Martin-d'Uriage
Les signaux d'alerte de la forêt
Développement forestier/Le colloque « forêt et territoire » organisé le 25 juin à Saint-Martin-d'Uriage, dans le cadre de la dernière fête de la forêt de montagne, a confirmé qu'il n'existe pas de solution miracle pour relancer la filière forêt et bois. Les participants se sont donc inscrits dans le long terme.
« Quelle stratégie pour la forêt de montagne ? » Telle est la vaste question sur laquelle ont planché les quelque 120 participants au colloque « forêt et territoire » organisé le 25 juin à Saint-Martin-d'Uriage, dans le cadre de la dernière fête de la forêt de montagne. Après avoir présenté les expériences menées dans les Pyrénées et écouté la présentation du plan d'actions sur le point de démarrer dans le Grésivaudan, le président de l'union des communes forestières de Midi-Pyrénées, Robert Cabé, a conclu de manière quelque peu provocante, en se déclarant « rassuré, car vous n'êtes pas meilleurs que nous : vous avez les mêmes problèmes et vous les résolvez de la même manière ».
Les Alpes ne font pas mieux que les Pyrénées
En effet, cet élu pyrénéen a dépeint une situation où « les petites scieries meurent les unes après les autres » et où les réponses apportées portent principalement sur la mobilisation des bois, par le biais d'une meilleure concertation entre les différents acteurs de la filière. Un état des lieux qui ressemble beaucoup à celui que l'on peut faire dans les Alpes, même si l'on présente souvent les Pyrénées comme un massif particulièrement sinistré en matière de forêt et de bois.
Ici comme là bas, les participants au colloque se sont accordés pour pointer un responsable principal du manque de dynamisme de la filière : le déficit d'investissements. « Nous avons utilisé l'argent de la forêt pour arranger les routes, les cols, et après, nous avons dû donner un bon coup de talon pour sortir du trou où nous nous sommes mis », a commenté Robert Cabé.
La présidente du parc naturel régional de Chartreuse, Eliane Giraud, était sur la même longueur d'onde. Regrettant qu'« on n'avance pas suffisamment » dans ce dossier, l'élue régionale a reconnu les efforts consentis par les collectivités locales. Elle les juge toutefois « un peu limités par les contradictions entre acteurs, qui génèrent des difficultés considérables, alors que la concurrence n'est pas entre nous, mais internationale ».
La forêt est également « un milieu compliqué pour ceux qui ne sont pas nés dedans », pour François Brottes, le président de la communauté de communes du Grésivaudan, qui regrettait, d'autre part, que « ceux qui y sont nés ne le sachent pas forcément », en faisant référence aux nombreux propriétaires forestiers qui ignorent l'existence de leur patrimoine. Mais pour le député-maire de Crolles, les difficultés rencontrées pour mobiliser le bois local résident aussi à l'échelle nationale. « Agriculture, Equipement, Environnement et Economie : quatre ministères s'occupent de la forêt. Autant dire que personne ne s'en occupe réellement », s'est-il exclamé, en dénonçant « une reprise en mains par les Finances qui fait faire des âneries, comme l'exigence que l'exploitation forestière finance l'ensemble des fonctions de la forêt ». Pour cet élu, le risque, alors, « n'est plus de ne pas avancer suffisamment, mais de reculer fortement ».
Une jeunesse porteuse d'espoirs
« L'exemple de l'office national des forêts montre que l'on mégote en matière forestière », a également dénoncé Robert Cabé, racontant que les communes forestières ont claqué la porte lors de leur dernier échange avec le gouvernement. Pourtant, « ce n'est pas le capital des communes forestières, que nous défendons, a tenu à préciser l'élu pyrénéen, c'est la nature forestière de notre pays ! Avec le discours du président de la République à Urmatt en 2009 et le rapport Gaymard l'an dernier, nous avons recommencé à fonder des espoirs, comme après la loi forestière de 2001. Mais ils sont en train de retomber comme un soufflé. Heureusement, des manifestations comme la fête de la forêt de montagne permettent de sensibiliser des enfants au bois et à la forêt. Ils enregistrent et vont se souvenir de l'importance de ce patrimoine à l'âge adulte ».
Cécile Fandos
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Le « maillon faible » se rebiffe
Protestation/Les entrepreneurs forestiers ont profité de la dernière fête de la forêt de montagne pour faire entendre leur voix.
« Nous portons peut-être le béret comme dans les années 1940, mais sous la veste, désormais, nous avons aussi le téléphone connecté à internet », a déclaré Stéphane Coing-Bellet, exploitant forestier basé à Montaud, lors du colloque « forêt et territoire » organisé le 25 juin à Saint-Martin-d'Uriage, dans le cadre de la dernière fête de la forêt de montagne. Le président de l'association départementale des entrepreneurs de travaux forestiers de l'Isère (Adetfi) réagissait ainsi à l'antienne selon laquelle le bûcheron ou le débardeur par exemple seraient les « maillons faibles » de la filière.
« Heureusement, tous n'ont pas cette perception, car nous tenons la route, même si nous ne pouvons pas nous permettre de lâcher toute notre clientèle pour répondre à la demande de scieries dont les équipements sont de plus en plus performants, a poursuivi Stéphane Coing-Bellet. Nous sommes intéressés par la contractualisation avec l'aval. Mais notre problématique première est de pérenniser nos emplois en hiver ».
Pour Charles Galvin, le vice-président du conseil général chargé du dossier de la forêt, c'est possible en créant des groupements d'employeurs. « J'ai demandé à un groupe d'étudiants de la maison familiale et rurale de Vif d'étudier cette idée en articulant l'activité forestière estivale avec celle des stations de ski ».
CF
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Les Alpes ne font pas mieux que les Pyrénées
En effet, cet élu pyrénéen a dépeint une situation où « les petites scieries meurent les unes après les autres » et où les réponses apportées portent principalement sur la mobilisation des bois, par le biais d'une meilleure concertation entre les différents acteurs de la filière. Un état des lieux qui ressemble beaucoup à celui que l'on peut faire dans les Alpes, même si l'on présente souvent les Pyrénées comme un massif particulièrement sinistré en matière de forêt et de bois.
Ici comme là bas, les participants au colloque se sont accordés pour pointer un responsable principal du manque de dynamisme de la filière : le déficit d'investissements. « Nous avons utilisé l'argent de la forêt pour arranger les routes, les cols, et après, nous avons dû donner un bon coup de talon pour sortir du trou où nous nous sommes mis », a commenté Robert Cabé.
La présidente du parc naturel régional de Chartreuse, Eliane Giraud, était sur la même longueur d'onde. Regrettant qu'« on n'avance pas suffisamment » dans ce dossier, l'élue régionale a reconnu les efforts consentis par les collectivités locales. Elle les juge toutefois « un peu limités par les contradictions entre acteurs, qui génèrent des difficultés considérables, alors que la concurrence n'est pas entre nous, mais internationale ».
La forêt est également « un milieu compliqué pour ceux qui ne sont pas nés dedans », pour François Brottes, le président de la communauté de communes du Grésivaudan, qui regrettait, d'autre part, que « ceux qui y sont nés ne le sachent pas forcément », en faisant référence aux nombreux propriétaires forestiers qui ignorent l'existence de leur patrimoine. Mais pour le député-maire de Crolles, les difficultés rencontrées pour mobiliser le bois local résident aussi à l'échelle nationale. « Agriculture, Equipement, Environnement et Economie : quatre ministères s'occupent de la forêt. Autant dire que personne ne s'en occupe réellement », s'est-il exclamé, en dénonçant « une reprise en mains par les Finances qui fait faire des âneries, comme l'exigence que l'exploitation forestière finance l'ensemble des fonctions de la forêt ». Pour cet élu, le risque, alors, « n'est plus de ne pas avancer suffisamment, mais de reculer fortement ».
Une jeunesse porteuse d'espoirs
« L'exemple de l'office national des forêts montre que l'on mégote en matière forestière », a également dénoncé Robert Cabé, racontant que les communes forestières ont claqué la porte lors de leur dernier échange avec le gouvernement. Pourtant, « ce n'est pas le capital des communes forestières, que nous défendons, a tenu à préciser l'élu pyrénéen, c'est la nature forestière de notre pays ! Avec le discours du président de la République à Urmatt en 2009 et le rapport Gaymard l'an dernier, nous avons recommencé à fonder des espoirs, comme après la loi forestière de 2001. Mais ils sont en train de retomber comme un soufflé. Heureusement, des manifestations comme la fête de la forêt de montagne permettent de sensibiliser des enfants au bois et à la forêt. Ils enregistrent et vont se souvenir de l'importance de ce patrimoine à l'âge adulte ».
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« Nous portons peut-être le béret comme dans les années 1940, mais sous la veste, désormais, nous avons aussi le téléphone connecté à internet », a déclaré Stéphane Coing-Bellet, exploitant forestier basé à Montaud, lors du colloque « forêt et territoire » organisé le 25 juin à Saint-Martin-d'Uriage, dans le cadre de la dernière fête de la forêt de montagne. Le président de l'association départementale des entrepreneurs de travaux forestiers de l'Isère (Adetfi) réagissait ainsi à l'antienne selon laquelle le bûcheron ou le débardeur par exemple seraient les « maillons faibles » de la filière.
« Heureusement, tous n'ont pas cette perception, car nous tenons la route, même si nous ne pouvons pas nous permettre de lâcher toute notre clientèle pour répondre à la demande de scieries dont les équipements sont de plus en plus performants, a poursuivi Stéphane Coing-Bellet. Nous sommes intéressés par la contractualisation avec l'aval. Mais notre problématique première est de pérenniser nos emplois en hiver ».
Pour Charles Galvin, le vice-président du conseil général chargé du dossier de la forêt, c'est possible en créant des groupements d'employeurs. « J'ai demandé à un groupe d'étudiants de la maison familiale et rurale de Vif d'étudier cette idée en articulant l'activité forestière estivale avec celle des stations de ski ».
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