Les Terres de Berlioz jouent la partition du terroir
Certains diront qu'il s'agit d'une marque de plus. Terres de Berlioz « c'est un chapeau commun où l'on peut engranger du contenu », affirme Annie Chanu, gérante de l'agence Connivence, spécialisée dans le marketing territorial et touristique. C'est une marque qui fleure le terroir, la culture et le tourisme, appelée à cohabiter avec Alpes(is)here et la Région du goût, un peu à la manière des poupées russes. Si Berlioz sonne comme une évidence dans la Bièvre, il a dû s'imposer face à quelques illustres concurrents comme Mandrin. « C'est le personnage du territoire ! », s'est exclamé Christophe Barge, le directeur de l'office de tourisme Terres de Berlioz, lors de la présentation de la marque, jeudi 5 avril à Balbins. Un nom que l'on peut « accoler à ce qui représente ce territoire : la ruralité, le dépaysement et le terroir ».
Un label mondial
Pour décoller, la marque s'appuie sur deux « joyaux » : l'aéroport de Saint-Etienne-de-Saint-Geoirs, en tant qu'équipement structurant, et le festival Berlioz pour son attractivité. L'un a accueilli 320 000 passagers internationaux la saison dernière et l'autre 26 500 spectateurs durant les 15 derniers jours d'août. « Berlioz est un passeport incroyable à l'international, un label mondial », a confirmé Bruno Messina, le directeur artistique du Festival. Il rappelle que les Terres de Berlioz font écho à la qualité d'exploitant agricole du compositeur natif de La Côte-Saint-André « qui tirait ses revenus de l'agriculture davantage que de sa musique et vivait de la culture de la noix, de la vigne, du blé, du ver à soie, de tous les produits qui font ce pays ».
Jean-Pierre Barbier, le président du Département a insisté sur l'association de l'agriculture à cette démarche qui met les produits du terroir en exergue. A l'aéroport de Grenoble, la boutique propose une centaine de références de produits locaux durant toute la saison hivernale. Mais l'animation annuelle autour d'un stand éphémère, vitrine de la gastronomie iséroise, marque un vrai temps fort pour les producteurs locaux. « Je ne sais pas si nous pouvons mesurer cela en retours, mais c'est une fierté », commente Audrey Perrin, de la Ferme des 13 Fontaines à Brézins, fidèle au rendez-vous. Conseillère municipale déléguée aux relations avec la communauté de commune, elle a participé au groupe de réflexion sur la marque en tant que professionnelle de l'agriculture. « Nous nous sommes demandé comment faire venir du monde », rapporte-t-elle. « Dans les mots clés, Berlioz est revenu assez souvent. A nous de bénéficier de cette portée internationale pour nous faire connaître. A nous de développer cet outil. » Elle ne considère pas la multiplicité des marques comme un handicap alors même que les productions de sa ferme ont passé l'agrément pour La Région du Goût et Alpes(is)hère. « La première nous permet de participer à des manifestations à l'échelle régionale, c'est le côté événementiel, tandis que la marque iséroise nous apporte une rémunération au juste prix ». Question d'étiquettes. Ne restent plus qu'aux terres, au terroir et au territoire à se mettre en musique autour d'une destination « authentique et atypique ».
Une étape authentique
Avec ses 108 restaurants recensés, ses 115 hébergements représentant 2 000 lit, ses 310 équivalents temps plein dans le domaine touristique, lequel dégage un chiffre d'affaires annuel de 31 millions d'euros, le territoire espère bien attirer une clientèle régionale, nationale et internationale. L'envie de venir et de revenir se joue à la descente d'avion pour la clientèle étrangère et autour du festival pour d'autres. « Nous souhaitons créer une étape locale et authentique », reprend le directeur de l'office du tourisme en replaçant la Bièvre à mi-chemin des migrations Nord-Sud. L'occasion de découvrir les autres atouts du secteur, ses vieilles pierres, ses sites insolites, ses chemins balisés, son golf, son circuit automobile, ses musées, ses manifestations...