Les usagers du pont de La Buissière attendent
Le temps passe. Et sur place la situation n'a guère évoluée. Le pont de La Buissière, fermé à la circulation suite à l'affaissement d'une de ses piles en mai 2013, fait l'objet de nombreuses études, mais ne permet toujours pas le franchissement de l'Isère. Si son état ne se dégrade pas (la partie qui n'était pas endommagée a été consolidée avec des poutres précontraintes et n'a pas bougé depuis), les travaux de réparation n'ont pas encore débuté. Un appel d'offre auprès de bureaux d'études est en cours pour identifier la meilleure solution pour remettre le pont en état de circulation.
Des opérations délicates
Comme il n'est pas question de détruire la totalité du pont, l'objectif est de conserver la partie intacte et de démonter la partie affaissée pour la reconstruire. Deux scénarii sont actuellement envisagés. « Soit on refait à l'identique, c'est-à-dire que l'on recréee un appui dans l'eau et deux arches. Soit on n'en fait qu'une seule, sans appui dans l'Isère, ce qui permettrait de s'affranchir d'une partie des contraintes environnementales liées à la loi sur l'eau. Toutes ces opérations s'avèrent extrèmement techniques et délicates, en particulier la phase de démolition. L'ensemble doit en effet être sécurisé pour qu'il n'y ait pas un affaissement total du pont », explique Charles Bich, vice-président du conseil général de l'Isère, en charge des grandes infrastructures et des routes départementales. Le coût des travaux de réparation du pont est estimé à 4,8 millions d'euros, avec les frais d'études, alors que le projet global (déconstruction et reconstruction des parties) tourne autour de 7,5 millions d'euros.
Un calendrier non conforme
La question du calendrier de réalisation de ces travaux et de remise en circulation du pont est aussi particulièrement épineuse. « Le choix du bureau d'études qui précise les solutions techniques sera finalisé prochainement. 2015 sera consacré à déterminer le projet et à la conduite de l'ensemble des démarches administratives, juridiques et réglementaires. Les travaux devraient donc débuter en 2016 et se terminer courant 2017. Si tout se passe bien... », annonce l'élu. Et celui-ci d'ajouter : « Nous essayons d'aller le plus vite possible, mais nous sommes fortement contraints par la réglementation ». Pour autant, ce planning est loin de satisfaire les usagers. Car la contrainte subie est importante. Le détour qu'ils sont obligés d'effectuer par Pontcharra rallonge de manière importante les trajets et crée de fortes perturbations à La Gache. Pour Jean-Marc Lapierre, directeur de réseau à la coopérative Dauphinoise : « le calendrier n'est pas du tout conforme à ce qui avait été annoncé. Au départ, il avait été dit que le pont serait impraticable pendant deux ans. Nous avions pris certaines mesures d'accompagnement financier des agriculteurs qui travaillent du coté de La Buissière et qui livrent leurs céréales au silos du Cheylas au regard de cette durée. Là, on évoque une échéance à 2017. Ce n'est pas la même chose. L'aide est maintenue cette année, mais l'allongement de durée des travaux engendre un surcoût bien plus important. Et même si la coopérative apporte son aide, au final, ce sont les agriculteurs qui payent. Et ceux-ci, très inquiets, se désespèrent de la situation ».
Isabelle Brenguier