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Droit de suite

« Les vaches ne sont plus freinées »

Deux ans après l'installation du troupeau dans un nouveau bâtiment équipé d'un robot de traite, le Gaec des Noyers a amélioré les performances de ses vaches tout autant que ses conditions de travail.
« Les vaches ne sont plus freinées »

En dépit de la crise, Michaël Bel n'a « aucun regret ». Il y a deux ans, le Gaec des Noyers, auquel il est associé, a installé son troupeau de laitières dans un nouveau bâtiment équipé d'un robot de traite (1). Une révolution. Les hommes et les animaux (une centaine de holstein) ont gagné en confort, et l'exploitation en productivité. « C'est génial, confie le jeune éleveur. Au bout d'un an de mise en route, on avait gagné 1 300 litres par vaches et par an. C'est plus que les prévisions. »

Malgré la lourdeur des investissements (près de 900 000 euros subventionnés à hauteur de 10%) et un prix du lait à la peine (30 centimes en moyenne pour la campagne 2016-2017), le bilan reste largement positif. Certes, la mise en route a connu quelques ratés, des retards voire des complications, notamment au niveau de la fosse à lisier. « Ça nous a mis un coup au moral », reconnaît Michaël Bel. Mais aujourd'hui, ses associés et lui sont catégoriques : ils ne feront pas machine arrière. Le travail est plus rapide, moins contraignant, et la traite de meilleure qualité. « On attaque à 8 heures le matin et le soir on est à 7 heures à la maison », expliquent les éleveurs qui apprécient d'avoir de vrais week-end. L'amélioration se ressent également au niveau de l'état sanitaire du troupeau. Les frais de vétérinaire ont été divisés par trois, les mamites ayant quasiment disparu et les problèmes de pied aussi.

Le potentiel s'exprime

Côté production, les vaches donnent à présent le meilleur d'elles-mêmes. La production est passée de 600 000 litres de lait en 2015 à 971 000 litres aujourd'hui (pour un quota de 998 000). Le Gaec des Noyers, qui livre à la fruitière Domessin, vise à terme une production de 1,2 millions de litres pour un cheptel de 120 laitières. « Dans l'ancien bâtiment, le potentiel génétique du troupeau était stoppé depuis cinq ans, explique Michaël Bel. Dans le nouveau, qui est bien ventilé, pas surchargé, les vaches ne sont plus freinées par les conditions. Elles sortent pâturer quand elles veulent, grâce à une porte intelligente. »

Seul bémol : l'exploitation manque de surface pour être autonome. Elle est donc obligée d'acheter une partie de l'alimentation. Mais en faisant jouer la concurrence et en jonglant avec la durée des contrats, le gaec des Noyers s'en sort plutôt bien. « On essaie de travailler avec notre tête, sourit Michaël Bel. Ça gagne plus qu'avec nos bras... »

Marianne Boilève

(1) Voir Terre Dauphinoise du 8 janvier 2015 (vidéo et article consultables sur terredauphinoise.fr).