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Viticulture

Les vignerons du Trièves changent de tête

L'association Vignes et vignerons du Trièves a fêté ses 10 ans, l'occasion de prendre le virage de la commercialisation après des années consacrées à la sauvegarde du vignoble.
Les vignerons du Trièves changent de tête

L'association Vignes et vignerons du Trièves a fêté ses 10 ans cette année. « La patience nous offre les meilleures récompenses », répète à l'envi Gilles Barbe, son président, qui a décidé de passer la main lors de l'assemblée générale, qui s'est déroulée à Mens, le 9 juin dernier. Le président sortant a rappelé les grandes étapes de cette folle aventure, depuis le « constat alarmant » dressé en 2007 « sur l'état d'abandon du vignoble », aux premières plantations conservatoires d'onchette en 2010, puis l'installation du premier vigneron en 2012, l'obtention de droits à plantation en 2014, la reconnaissance du cépage onchette, l'embauche de collaborateurs et la reconquête des coteaux qui, au fil des ans, ont retrouvé leur vocation vitivole à Roissard, Prébois, Mens et Avignonet. Il y a aussi eu les contentieux avec les douanes, l'administration étant extrèmement tatillonne sur les plantations.

Matériel viticole

Samuel Delus, qui reprend la présidence, veut aller de l'avant et oublier les embûches qui ont souvent fait du parcours des six vignerons désormais installés une course d'obstacle. Il sera secondé par Maxime Poulat, qui, en tant que vice-président, aura en charge le local de vinification situé à Prébois. Gilles Barbe reste au conseil d'administration où il continue à s'occuper des actions développées dans le cadre du programme Leader Alpes Sud-Isère. D'autant que l'association veut lancer une série d'investissements dans du matériel viticole et de cave : cuverie, échangeurs thermiques et entretien des barriques. Elle a aussi recruté deux emplois partagés qu'elle souhaite pérenniser.

Les vignerons poursuivent aussi le développement de leurs plantations : quelques milliers de mètres carrés à Prébois, en durif, qui n'a plus besoin de dérogation pour être planté, mais aussi d'autres cépages comme le gamay et des variétés classiques et précoces, capables d'arriver à maturité à cette altitude.

Mais aujourd'hui, le président veut mettre l'accent sur le volet commercial. En dépit de leur production modeste, les vins du Trièves se sont déjà forgés une certaine réputation, à l'image de la production de Samuel Delus, appréciée par quelques belles tables grenobloises. Reste au Trièves à se réapproprier ses vins. C'est la raison pour laquelle l'association réfléchit à l'acquisition d'un stand commun qui lui permettrait de valoriser ses vins sur les foires et marchés locaux. VVT envisage en outre de relancer un petit salon de ses vins en 2019.

Isabelle Doucet

 

Vignes et vignerons du Trièves

L'association, qui vient de fêter ses dix ans, compte 110 adhérents. La surface de vigne actuellement plantée est de 1,5 ha en vignes familiales et 7 ha de vignes commerciales. Il y a six vignerons professionnels et 11 vignerons familiaux. Les cépages, locaux ou anciens, sont : douce noire, persan, joubertin, florental, durif, étraire de la Dhui, verdesse, plantet, bia blanc, rayon d'or, altesse, pinot noir, lando, gamay, gamaret, baco, marsela, chardonnay, viognier, gewurstraminer, jacquère, pinot gris, roussane, mondeuse et onchette.
Pour réaliser ce vaste projet de sauvegarde du patrimoine viticole, mais aussi arboricole, l'association a reçu, au fil des années, le soutien de nombreux partenaires, collectivités, fonds européens, établissements financiers, fondations et mécénat, notamment celui de la société Demunick.