Loger des pilotes du monde entier
Lorsque la Coupe Icare affiche ses lettres de noblesse, cela vole toujours très haut. La manifestation créée en 1974 à Saint-Hilaire-du-Touvet sur le plateau des Petites Roches, attire en fonction de la météo, entre 80 et 90 000 personnes pendant quatre jours. Les retombées économiques n'ont pas été mesurées, mais cet afflux de spectateurs profite aux commerçants du plateau comme à ceux de la vallée du Grésivaudan, au pied du funiculaire, 700 mètres plus bas, ainsi qu'aux acteurs de l'offre touristique, restaurants et hébergements. Plus généralement, d'avril à octobre, l'activité de vol libre contribue au dynamisme économique du plateau, au même titre que la station de sports d'hiver et des nombreuses activités de pleine nature.
Le budget de la Coupe Icare, d'environ un million d'euros, permet à une vingtaine d'associations locales participantes de développer leurs activités. Plus grosse manifestation sportive d'Auvergne-Rhône-Alpes, plus gros rassemblement mondial de vol libre (en nombre de spectateurs, de pilotes et d'exposants à son salon professionnel) et la plus ancienne aussi, la manifestation attire essentiellement un public rhônalpin, mais aussi quelques 10 000 pilotes et accompagnateurs venus de tous les continents, qu'il convient de loger pendant plusieurs jours. « Ils ne viennent pas seulement pour quatre jours, mais pour une semaine ou 10 jours, explique Frédérique Assael, chargée de communication de la manifestation. Ils viennent à Saint-Hilaire-du-Touvet dans des gîtes, des maisons de location ou en camping-car puis font le tour des Alpes et vont voler à Annecy ou Chambéry. »
Dynamisme du village
Prolongeant la fin de l'été, ce supplément saisonnier est le bienvenu pour les hébergeurs du plateau des petites Roches. « C'est réservé d'une année sur l'autre », déclare Maryse Nurit qui dispose de huit chalets, soit 42 lits labellisés Gîtes de France à Saint-Hilaire-du-Touvet. « Il y a très peu de logements sur le plateau pour la coupe Icare », expose cette inconditionnelle, qui, avec son mari, fait partie des 200 bénévoles qui mettent la main à la pâte pendant ces quatre jours de folie, du 20 au 23 septembre, cette année. Si bien qu'à Saint-Hilaire, l'office de tourisme a lancé un appel aux habitants du village pour accueillir des gens chez eux. Si le vol libre représente environ 20% de la clientèle des gîtes réparties dans l'année, il participe à la notoriété mondiale du village et son événement emblématique a largement contribué à maintenir le dynamisme du village et du plateau. « Les gens se retrouvent, travaillent bénévolement ensemble pour la Coupe Icare. Elle n'aurait pas pu atteindre cette taille s'il n'y avait pas eu toute cette énergie autour », raconte encore Maryse Nurit. D'autant que l'activité économique du plateau a été fortement pénalisée par la délocalisation des établissements hospitaliers. « Cela représente un manque à gagner de 20% par an », commente l'hébergeuse. Pour l'heure, le chantier de démolition garantit une clientèle ouvrière pendant quelques années, qui complète les traditionnelles familles qui apprécient le plateau pour les sports d'hiver ou les activités pleine nature.
Mais 700 mètres plus bas, la Coupe Icare semble ne pas avoir le même impact sur l'activité touristique. Il est vrai que dans ce secteur baptisé la silicium vallée, la micro électronique a donné une toute autre orientation économique et les libellules géantes ou les requins volants, qui agrémentent le ciel un week-end par an, relèvent du domaine de l'animation. « Nous n'avons pas de répercussion sur notre activité », confirme France Viennois, propriétaire d'un gîte de France à Crolles. La clientèle de l'hébergement est essentiellement composée de parents qui viennent voir leurs enfants et d'ouvriers qui interviennent dans des chantiers.