Accès au contenu
Actu vue par

« Malgré la crise Covid, les remplacements se sont bien déroulés »

Jean-Marc Chevallet. Le président de la Fédération des services de remplacement de l'Isère, qui a tenu son assemblée générale fin juillet à Sillans, revient sur la gestion de la crise sanitaire et la question cruciale du recrutement.
« Malgré la crise Covid, les remplacements se sont bien déroulés »

Comment le service de remplacement a-t-il traversé la crise sanitaire liée à l'épidémie de Covid-19 ? 

On a eu peur, mais finalement ça s'est relativement bien passé. Nous avons rencontré des difficultés surtout à l'annonce du confinement, la première semaine, le temps de s'organiser. Puis nous avons fait une demande de chômage partiel et obtenu 500 heures. Les motifs de non-travail concernaient surtout les gardes d'enfants. A part ça, les remplacements se sont bien déroulés, avec les mesures barrières nécessaires. Certains adhérents n'ont toutefois pas souhaité qu'un salarié vienne chez eux.

Quels dossiers avez-vous abordés lors de l'assemblée générale, le 28 juillet ?

Le problème que nous avons est toujours le même : c'est celui du recrutement des salariés. De temps en temps, nous avons un coup de chance, mais dans l'ensemble, nous galérons beaucoup. Nous travaillons avec Agri-Emploi, nous mutualisons les CV, mais ça reste très compliqué. Le souci, c'est que nous ne pouvons pas rémunérer suffisamment les salariés pour rendre les postes vraiment attractifs. Pour les agents en CDI, nous procédons à des augmentations de salaire dès que nous le pouvons. C'est pour cela qu'il y en a qui persistent. C'est important pour motiver les plus jeunes et les encadrer.

Les aides à l'embauche des jeunes annoncées par le Gouvernement vont-elles changer la donne ?

Elles sont intéressantes, mais il faut avoir le salarié en face. Et donc le trouver. Dans mon secteur (Val-d'Ainan-Paladru, NDLR), nous avons embauché un jeune en CDD pour voir. Si on le passe en CDI, on verra comment faire jouer les aides.

D'autres pistes à l'étude ?

Le Vercors a un salarié en contrat d'apprentissage. C'est une piste à explorer. Nous allons également reprendre nos actions de communication avec Agri-Emploi dans les centres de formation. Mais nous allons cibler surtout les Bac Pro et les BTS : le travail partagé que nous proposons permet de cumuler les expériences avant de s'installer. C'est très formateur.

Du nouveau du côté des contrats-groupes ?

Nous sommes en discussion avec Groupama pour promouvoir l'adhésion volontaire. Nous essayons d'inciter les agriculteurs à souscrire ce genre de contrat, qui permet la prise en charge par Groupama de 60 à 100 euros du coût de journée. Cela existe depuis longtemps, mais les conseillers territoriaux ne vendaient pas le produit. En ce qui me concerne, ça équivaut à ma franchise pour les indemnités journalières. Je peux donc avoir des indemnités plus élevées, sans surcoût. Au sein du service de remplacement Isère, une centaine d'adhérents souscrivent ce type de contrat. Comme nous sommes 382, il y a une certaine marge de développement possible.

Propos recueillis par Marianne Boilève

Le service de remplacement en chiffres

En Isère, plus de 500 agriculteurs adhèrent à un service de remplacement (382 au SR Isère, 89 dans le Vercors et 32 pour Sarni, dans le Nord-Isère). En 2019, les trois services ont fourni plus de 6 000 journées de remplacement, dont 80 journées dites « Découvertes ». Financées à hauteur de 6 000 € par le Département, elles sont proposées aux nouveaux adhérents dans le cadre d'un congé ou aux adhérents lorsqu'un nouveau salarié longue durée effectue sa première journée.
Les trois services de remplacement totalisent 183 contrats, soit l'équivalement de 32 ETP. Sur l'ensemble de ces contrats, 16 sont des CDI à temps plein, 2 des CDI à temps partiel, 3 des CDI intermittents, 161 des CDD et un en contrat d'apprentissage.
Comme chaque année, le premier motif de remplacement est la prise de congé ou les événements familiaux (2 387 journées), suivis des congés maladie (1 091 journées) et des congés maternité (1 065 journées). Les congés partenité ne représentent quant à eux que 187 journées, moins que l'aide au répit (235 journées).