Marche républicaine : du jamais vu depuis la Libération
Ils ont renoncé à compter. De Grenoble à Quimper, de Lille à Marseille, en passant par Paris, Orléans, Rouen, Limoges, Strasbourg, Toulouse ou Bayonne, la mobilisation citoyenne de dimanche a été si forte que le ministère de l'Intérieur a déclaré tout décompte «impossible». Du jamais vu en France. Venus pour rendre hommage aux victimes des attentats qui ont fait 17 victimes la semaine dernière, dont 12 dans la seule rédaction du journal satyrique Charlie Hebdo, les participants ont marché dans le calme, acclamant ici une banderole ou une pancarte humoristique bien troussées, là une fraternisation entre membres de différents cultes religieux, saluant là encore le courage et la présence des forces de l'ordre... qui n'avaient encore jamais vu cela. Des cortèges silencieux, sans slogan, parcourus par moment par de simples salves d'applaudissements.

A Grenoble, où la marche a été organisée par le Club de la presse et des médias, journalistes et policiers en uniforme ont défilé derrière une banderole « Nous sommes tous Charlie », indiquant le nom de chaque victime de l'attentat de mercredi. Le cortège une fois arrivé dans le parc Paul Mistral, une minute de silence a été respectée, puis des voix se sont élevées pour chanter la Marseillaise. Un hommage qui aurait sûrement rendu perplexes les dessinateurs de Charlie.