Marque Is(h)ere : mode d'emploi
Après le Tour de France, la marque iséroise s'est invitée dans les comices agricoles. Avec succès. Durant tout l'été, le public a eu l'occasion d'apprécier les produits estampillés Is(h)ere et de mesurer la dimension novatrice de la démarche : associer promotion des produits locaux et juste rémunération des agriculteurs. Reste à convaincre ces derniers de rejoindre la marque. « L'intérêt pour les agriculteurs, c'est une meilleure visibilité et un coup de projecteur sur leurs produits à travers la communication orchestrée par le Département et les chambres consulaires qui portent la démarche, explique Catherine Sejeau-Foncelle, conseillère filières et circuits locaux à la chambre d'agriculture de l'Isère. C'est surtout valable pour ceux qui démarrent, cherchent de nouveaux débouchés ou veulent se mettre en relation avec la grande distribution. » La marque peut en effet constituer un argument de poids dans les négociations commerciales, notamment avec les intermédiaires (grossistes, distributeurs, épiceries...).
Bienvenue aux produits fermiers
Une vingtaine de producteurs ont d'ores et déjà sauté le pas. Viande, charcuterie, poisson fumé, produits laitiers, fruits, légumes, miel, farine, pain, confiserie, bière, produits dérivés de la noix et des fruits : près de 120 produits arborent depuis quelques semaines le logo de la marque territoriale. La liste pourrait rapidement s'allonger. Le prochain comité d'agrément doit en effet se réunir courant octobre pour étudier les futurs dossiers de candidature. « Tous les agriculteurs qui proposent des produits alimentaires bruts ou transformés peuvent déposer une demande d'agrément, précise la conseillère de la chambre d'agriculture. Il suffit que le produit présenté réponde à la définition de "produit fermier". »
Facile à remplir
Côté procédure, le dossier a volontairement été simplifié. Cinq pages, pas une de plus (téléchargeables sur le site de Terre dauphinoise). Sont demandés quelques renseignements relatifs à l'entité juridique (raison sociale, n° de siret, adresse, responsable légal...), un bref descriptif de la structure et des circuits de commercialisation du produit candidat, ainsi que sa fiche détaillée. Attention : le droit d'usage de la marque est accordé pour un produit spécifique (qui peut être décliné en plusieurs références : variété, formats, conditionnements...), pas pour l'entreprise dans son ensemble.
Concernant la fiche du produit, il suffit de préciser la dénomination de vente, de présenter le produit (brut ou fabriqué), de joindre sa fiche technique et une photo. Si la demande porte sur un produit agricole brut, il faut indiquer le lieu de production. Pour les produits issus de l'élevage, le producteur doit s'engager à respecter un délai minimum de présence au sein de l'exploitation (précisé dans les annexes du dossier). Pour les produits transformés, la provenance de la (ou des) matière(s) principale(s) agricole(s), hors arôme, aromate, additifs, eau et sucre, doit être indiquée. Dans le cas de produits présentés par un groupement de producteurs, un transformateur ou un artisan, le demandeur doit s'engager à « payer les produits agricoles à un tarif rémunérateur pour le producteur, qui prenne en compte ses coûts de production ». Et accepter un audit externe pour vérifier que ce critère est bien respecté.
Gratuit jusque fin 2018
Un fois complété, le dossier doit être envoyé à la chambre consulaire dont dépend le producteur. Il sera examiné par le comité d'agrément qui jugera si les informations transmises sont cohérentes avec le règlement d'usage de la marque. Les agriculteurs intéressés peuvent s'adresser à Catherine Sejeau-Foncelle ([email protected]) ou se renseigner sur le stand de la chambre d'agriculture dédié à la marque à la foire de Beaucroissant.
Dans un premier temps, le Département et ses partenaires ont fait le choix de la gratuité pour assurer à la marque un développement rapide. Toute adhésion avant la fin de l'année est donc offerte et valable trois ans. Elle inclut le matériel de communication, à savoir les affichettes et les autocollants à poser sur l'emballage des produits, selon les besoins (pour les producteurs qui souhaiteraient inclure le logo de la marque sur leur propre étiquette, un fichier numérique est disponible). Mais dès l'an prochain, les conditions d'accès devraient évoluer et l'adhésion à la marque devenir payant.
Marianne Boilève
Focus
N'est pas fermier qui veut
Pour qu'un produit soit considéré comme fermier, il faut qu'il respecte le règlement "Produits de la ferme - Bienvenue à la ferme". Les ingrédients principaux doivent provenir exclusivement de l'exploitation, la transformation doit être effectuée par le producteur (ou sous sa responsabilité), la traçabilité garantie et la méthode de fabrication ne doit pas être industrielle.
Questions de producteurs
Pour que mon produit soit agréé, à quel cahier des charges dois-je répondre ?Des règlements spécifiques seront prochainement établis par production (fruits et légumes, produits laitiers, céréales et viandes) de façon à mettre en valeur les pratiques des agriculteurs qui répondent à des attentes sociétales. En attendant, les produits Is(h)ere doivent répondre aux critères du règlement encadrant les produits Bienvenue à la ferme.La marque m'intéresse, mais la vanille qui parfume mes yaourts n'est pas iséroise...La marque Is(h)ere ne peut être attribuée à des produits dont les matières premières principales sont impossibles à produire en Isère (café, chocolat...). Mais s'il s'agit d'arôme, d'aromates, d'additifs ou de sucre, il n'y a pas de problème. Par ailleurs, si un ingrédient entrant dans le produit fabriqué (y compris l'ingrédient principal) n'est pas disponible en Isère ou dans un département limitrotrophe selon les besoins du transformateur au moment de la demande d'utilisation de la marque, le transformateur doit le préciser et indiquer les démarches entreprises pour y remédier.J'achète mes vollailles démarrées à un collègue du Rhône. Peuvent-elles être agréées Is(h)ere ?Si certaines phases de fabrication du produit sont réalisées dans les départements limitrophes, l'adhésion est tout de même possible. Pour l'élevage, le plus important est de réspecter un temps minimum de présence au sein de l'exploitation.