« Même pendant les guerres, la Foire de Beaucroissant avait lieu »
Vous êtes encore maire de Beaucroissant car les nouveaux conseils municipaux n'ont pas été installés et vous avez sans doute pris une des décisions les plus importantes de vos deux mandats avec l'annulation de la 51e foire de printemps ?
Il fallait prendre une décision. Nous en avions convenu avec le directeur de la sécurité de l'Isère. Sinon, nous aurions de toute façon annulé la foire d'avril huit jours plus tard avec l'annonce du confinement. Et même en envisageant que nous aurions eu la chance qu'elle se déroule, comme prévu, le 18 avril, après une sortie de confinement, nous n'aurions eu ni les moyens humains ni matériels pour qu'elle se tienne. C'est une situation qui ne s'était jamais produite auparavant, même pendant les guerres, la Foire de Beaucroissant avait lieu.
C'était pourtant bien parti ?
Oui, la moitié des exposants avait déjà payé les emplacements. Nous avons été portés par les phénomènes de la 50e foire d'avril et de la 800e d'automne. Il avait fait beau pour ces deux éditions et la foire de septembre avait attiré énormément de monde et généré beaucoup de communication. Les visiteurs étaient contents et les commerçants sont revenus. J'espère que la pandémie s'arrêtera d'ici juillet pour pouvoir organiser la prochaine foire de septembre dans de bonnes conditions.
Comment cela se passe-t-il maintenant ?
Nous avons pris l'initiative de rembourser tous les commerçants et je crois que cela aura un effet positif sur les foires à venir. Rembourser 400 exposants, c'est compliqué et demande un lourd travail administratif. Mais la situation sera réglée d'ici 15 jours. Certains forains nous remercient. Car ils font des foires toute l'année, ce sont leurs seules recettes, et disent que dans certains endroits, ils ne seront pas remboursés.
Cela représente un manque à gagner pour la commune ?
La foire d'avril représente 200 000 euros de recettes qui s'équilibrent avec les dépenses. Nous n'avions signé aucune convention à l'avance. Mais c'est aussi une perte pour les associations de la commune qui perçoivent traditionnellement les recettes des parkings, soit entre 15 et 20 000 euros selon les années. Comment compenser cela ? Si nous faisons une bonne foire de septembre, j'espère que nous arriverons à équilibrer le budget.
Finalement, la foire est un indicateur des maux de ce monde. Elle est sensible aux pandémies...
La grippe aviaire avait beaucoup pénalisé les éleveurs et les vendeurs de volailles. Mais depuis 4 ou 5 ans, c'est surtout la menace terroriste qui nous a obligés à mettre en place de gros moyens pour assurer la sécurité. La Foire de Beaucroissant, c'est un événement économique. Elle attire 1 300 exposants en septembre et rayonne de Valence à Grenoble et jusqu'à Chambéry où elle permet au plus grand nombre de tirer des bénéfices. En raison de son ampleur, elle reçoit le soutien de la Région, du Département et de la communauté de communes.
Ce sera sans doute un challenge pour la nouvelle équipe d'organiser la foire de septembre ?
Oui, car cette équipe attaquera septembre sans avoir vu avril. Certains ont vécu la foire de l'intérieur. Mais La vivre et l'organiser, ce sont deux choses différentes. Je ne sais pas quand aura lieu l'installation du prochain conseil municipal. C'est principalement le maire et les trois adjoints qui ont été réélus sur la liste conduite par Antoine Reboul qui gèrent la commune actuellement.
Propos recueillis par Isabelle Doucet