« En 2100, l'enneigement devrait avoir diminuer entre 10 et 60 %. » Déborah Verfaillie, chercheuse au Centre national d'études météorologiques, présente les modèles utilisés pour évaluer le changement climatique. « Les incertitudes liées aux modèles sont prépondérantes. » Afin de prendre en compte au mieux ces incertitudes, le climat se pense en scénarios. Ces derniers sont établis par le Giec, le groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat. Chaque scénario évalue l'évolution des écosystèmes en fonction d'une augmentation de la température entre 0,5°C et 6°C. « Pour chaque scénario, il y a une fourchette d'incertitude », confirme la chercheuse. Ces scénarios sont basés sur des modèles de circulation générale, c'est-à-dire en utilisant un large maillage de l'ensemble du globe pour mesurer les impacts. Mais ces mailles sont trop larges pour mesurer l'effet spécifique du changement climatique sur les sommets enneigés des Alpes. A titre d'exemple, le réchauffement est de +1°C en plaine mais il est déjà à +2°C en montagne. « On utilise donc un modèle de climat régional, qui mesure quatre ou cinq points du massif du Vercors. Il permet de mesurer la durée d'enneigement, le rétrécissement de la saison de neige, la hauteur moyenne de la neige... » Il est quand même insuffisant pour mesurer très précisément tous les paramètres de l'enneigement. Déborah Verfaillie a donc utilisé une méthode de correction statistique pour des simulations d'enneigement en prenant en compte la température, la pluie, la neige, le rayonnement infra-rouge. Mais ces ajustements apportent aussi une nouvelle incertitude, d'où la fourchette entre 10% et 60% de diminution d'enneigement possible. « Il n'y a pas de modèle scientifique qui va dire, ça va faire ça comme effet, on n'en est pas encore là », confirme Delphine Piazza-Morel, coordinatrice du projet Adamont. Même si tous les paramètres sont très difficiles à mesurer dans un modèle climatique, certains points sont malheureusement très probables. Tous les modèles tendent à dire, que sans changement d'action, le réchauffement sera autour des +4°C ou +5°C en 2100. La tendance sera irréversible en 2050, avec un réchauffement de +3°C annoncé. On est loin de la limitation du réchauffement entre 0,5°C et 2°C demandée lors de la COP 21.