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Assurance

Métier : conseiller préventeur

Les assurances préfèrent prévenir que guérir. Moins traumatisante pour les potentielles victimes, moins coûteuses pour les assureurs, la démarche est plutôt vertueuse. Groupama Rhône-Alpes Auvergne multiplie les sensibilisations auprès de son public.
Métier : conseiller préventeur

« S'il est naturel d'indemniser les accidents et les sinistres, il est primordial de les éviter », explique Philippe Michel, délégué institutionnel de la caisse départementale de Groupama Rhône-Alpes Auvergne, jeudi dernier, lors de la journée Pass'installation organisée par l'assureur historique agricole, consacrée à l'installation des jeunes installés. L'accent a donc été mis sur ce thème avec une prédilection pour la prévention de l'incendie, « risque majeur dans une exploitation » révèle David Derocles, nouveau conseiller prévention au sein de la caisse. « Trois causes peuvent être à l'origine de ces sinistres, explique-t-il. Les origines électriques, les points chauds et la fermentation du fourrage ». Ces facteurs déclenchants ont fait l'objet de la projection d'un film, poignant, dans lequel un exploitant agricole faisait état de sa propre expérience : c'est un défaut électrique dans le moteur de son tracteur, stationné dans l'étable, à proximité de 250 boules rondes de foin, qui a déclenché le sinistre. Aperçu fortuitement par l'exploitant, l'incendie a eu de grosses conséquences matérielles sur le stock de foin et l'ensemble du bâtiment abritant les bêtes, alors qu'il a pu évacuer son troupeau sélectionné depuis des dizaines d'années. Malgré tout, le choc matériel et surtout psychologique a été important pour cet homme. C'est pour cela que Groupama a misé depuis quelques mois sur la prévention et déploie ses conseillers préventeurs tous azimuts.Leur nombre à été multiplié par trois dans les 12 départements de Rhône-Alpes Auvergne, passant de 5 à 17. « Accepter les propositions de rendez-vous du préventeur », exhorte Gilles Lassus, exploitant dans l'Ain, et président régional du Pass'installation au sein de Groupama Rhône-Alpes Auvergne. Car malgré son arrivée récente, David Derocles insiste sur « le regard neuf extérieur que le conseiller spécialisé apporte lors de sa visite d'exploitation. Quelquefois, on ne voit plus le danger parce que l'on s'habitue à la situation. L'approche de l'utilisateur quotidien n'est plus critique face à une situation potentiellement dangereuse.» Alors la visite des installations électriques, obligatoire tous les ans en cas de présence de salariés dans l'entreprise, reste très utile pour détecter les problèmes sous-jacents. La séparation des « carburants » (foin, stock d'essence) et de « l'énergie » (point chaud représenté par un moteur ou un atelier produisant des étincelles) est impératif car il faut éviter de se retrouver dans le triptyque « Comburant-carburant-énergie » déclencheur des incendies. En cas de départ, il faut toujours avoir des extincteurs à portée de main, « donc au moins un par bâtiment », préconise comme une évidence David Derocles. Le quiz organisé grandeur nature dans la salle lors de la journée de sensibilisation a été très instructif en ce sens pour l'ensemble des participants et a suscité une prise de conscience collective. Quelques investissements, en petits matériels ou en équipement plus lourds (mur coupe-feux) ou quelques changements d'habitudes peuvent avoir un coût financier, mais qui demeurera sans commune mesure avec le réel traumatisme matériel, psychologique et économique que peut subir le chef d'entreprise lorsque l'accident se produit.

Jean-Marc Emprin