Mettre de l'huile dans les rouages
Mardi 26 juillet, le préfet de l'Isère, Lionel Breffe, accompagné du sous-préfet de La Tour-du-Pin et de la directrice de la DDT, s'est rendu dans deux exploitations du Nord-Isère, situées en zone vulnérables, pour prendre le poul de l'agriculture iséroise. La visite, qui s'est déroulée en présence des élus et de la direction de la chambre d'agriculture, a débuté au Gaec du Dauphiné, à Janneyrias, où Jérôme Crozat a décrit la situation de son élevage laitier. « Je sais bien que vous ne pouvez pas résoudre tous les problèmes et que vous n'avez pas de prise sur les prix, mais vous pouvez faire remonter des informations et donner des consignes pour que l'Administration fasse preuve d'un peu de souplesse envers nos exploitations », a-t-il expliqué au préfet. Engagés dans une dynamique prospective plutôt que dans une logique de repli, l'éleveur et son frère ont détaillé leurs projets. Ils voudraient moderniser leur bâtiment, développer leur autonomie alimentaire, participer à un projet de méthanisation pour valoriser leur fumier et même développer leur centrale photovoltaïque, mais tout cela coûte cher, très cher même. Or le Gaec est pris en tenaille entre l'augmentation des charges d'alimentation et la diminution du prix du lait... sans compter l'opposition des élus locaux au projet d'unité de méthanisation agricole et territoriale d'Anthon. Comment sortir de cette impasse ? « Nous allons mettre de l'huile dans les rouages », a assuré le préfet.
Imbroglios administratifs
Chez Pascal Curnil, producteur de céréales et éleveur de charolais à Bonnefamille, la situation n'est pas moins tendue. Entre la baisse des cours des céréales, le déclassement des blés en raison de l'humidité et la baisse du prix de la viande, l'exploitant sait d'ores et déjà que ses résultats seront négatifs cette année. A cela s'ajoutent les imbroglios administratifs liés aux incohérences de la règlementation des mesures agro-environnementales, notamment en matière de traitement, la question de l'ambroisie, les sangliers qui labourent les champs et les prés, ainsi que l'urbanisation qui complique sérieusement la pratique quotidienne du métier d'agriculteur. « Je suis à 600 m d'une route départementale, a raconté Pascal Curnil au préfet. Il y a 10 ans, le trafic ne dépassait pas 2 000 véhicules jour. Aujourd'hui, nous en sommes à 10 000. C'est pareil avec les aménagements dans les villages : entre les ronds-points et les trottoirs de 20 cm, on ne peut plus passer avec les engins. » Comme son collègue de Janneyrias, Pascal Curnil n'a pas demandé aux élus et aux représentants de l'Etat de résoudre ses difficultés. Mais il aimerait bien être soutenu dans son action, plutôt que d'avoir le sentiment qu'on lui met en permanence des bâtons dans les roues de ses engins agricoles.
Marianne Boilève
Reportage et photos sur terredauphinoise.fr