Montagne : les stations face au défi de la modernité
« Cela faisait depuis plusieurs années qu'une saison n'avait pas commencé à l'heure et finit à l'heure ! » Pierre Lestas, président de Domaines skiables de France (DSF) est satisfait de la saison de ski 2017-2018 malgré un petit désagrément. « Elle a été un peu entamée par les conditions météo donc on a eu une baisse de la fréquentation de 5 à 6% ». Le chiffre d'affaires de la saison s'éléve tout de même à 54 millions d'euros. Mais avec un domaine de 25 000 hectares de pistes balisées considéré comme le plus grand au monde, le président de DSF voit plus grand. « On doit avoir l'ambition de passer le cap de 60 millions qu'ont franchi les Etats-Unis il y a quelques années ». Mais pour atteindre cet objectif, il ne faudrait oublier que la montagne, c'est plus que de la neige. « C'est l'agriculture qui entretient les paysages et le développement des domaines skiables », rappelle Marie-Noëlle Battistel, députée de l'Isère et présidente de l'Association nationale des élus de la montagne (Anem), sans oublier qu'ils sont pluri-actifs et que le tourisme d'hiver leur permet de compléter leurs revenus ». Elle défend donc des aides particulières aux agriculteurs de moyenne et haute montagne dans la nouvelle PAC.
L'hôtellerie pour tous
Maintenir le village de montagne fait aussi partie des projets de DSF. « Une réforme des résidences de tourisme sera engagée. Le foncier en montagne est très morcelé. On veut favoriser les acheteurs qui louent ensuite ou essayer de trouver un seul investisseur », détaille Pierre Lestas. L'hôtellerie sera aussi privilégiée afin d'éviter les questions de succession et de faciliter la rénovation du bâti. Marie-Noëlle Battistel souhaite, quant à elle, une meilleure prise en compte des différentes classes sociales : « Il faut une hôtellerie pour toutes les classes sociales et des solutions plus durables. On doit également augmenter la part de logement social sans oublier les travailleurs en station. Il y a un vrai problème pour loger les saisonniers. » Outre le logement, il convient de moderniser les activités proposées et renouveler la clientèle des stations. Sur dix millions de visiteurs, deux millions sont non skieurs.
Aménager le territoire
Pour moderniser le logement et attirer davantage, il faut aussi adapter le territoire. « On étudie comment construire des pilônes rapidement pour avoir accès au numérique », détaille la présidente de l'Anem. Le transport est un enjeu primordial. « On doit aménager la montagne comme on aménage ailleurs. La future loi Montagne, qui aborde toutes ces questions, est prête, les décrets d'application le sont aussi », défend-t-elle. La suite à l'hiver prochain.