Ne pas baisser la garde
Vigilance. Jean-Yves Grall, directeur régional de la santé et Lionel Beffre, le préfet de l'Isère, affichent des visages fermes : l'épidémie de Covid est toujours là et demande une attention particulière en cette rentrée scolaire et économique hors norme.
« Les gestes barrière ne sont pas que de circonstances, ils doivent devenir un mode de vie », préconise le représentant de l'Etat. Personne, ni les dirigeants ni la population n'a envie de revivre un confinement comme au printemps. Mais si les responsables publics ont compris les risques, il n'en est pas tout à fait de même pour les Français. « Six foyers de l'épidémie ont été dénombrés en Isère, explique Jean-Yves Grall. Un provenait d'un regroupement familial, deux de retours de vacances de Marseillan ou du cap d'Agde, un autre avait pour origine un festival de danse aux Deux Alpes, un a touché le club de rugby de Vienne et enfin un a éclaté dans un Ephad de Grenoble. Ce dernier mis à part, les autres illustrent le relâchement après confinement ou à la faveur de l'été de la part de personnes qui se croient à l'abri.»
Vulnérabilité modérée
L'Isère n'est pas le département le plus touché. 34 cas pour 100 000 habitants le 3 septembre, ce qui le situe dans une « vulnérabilité modérée », alors que le Rhône est à plus de 50/100 000 ce qui le place dans la catégorie « sévère ». Mais si les chiffres ne sont pas énormes dans l'absolu, l'augmentation est constante, permanente, régulière. Ceci alors que la reprise des rapprochements physiques n'avait pas encore complètement commencé, la rentrée scolaire, universitaire et des entreprises commençant à peine lors de la conférence de presse organisée par la préfecture.
Responsabilisation
« Les universités vont proposer des dépistages au cours de la deuxième semaine de septembre », explique le préfet mais il rappelle que les gestes barrières (lavage des mains, gel hydroalcoolique, masque et distanciation physique) doivent être parfaitement respectés. « Tout le temps, du matin au soir, sans distinguer une activité publique d'une activité privée, sinon les efforts d'un moment sont vains ». Il ajoute : « L'Etat prend ses responsabilités. Je n'ai pas donné de dérogations de port du masque à des rassemblements importants, les mesures sont strictes dans le centre-ville de Grenoble et les foires et marchés du département parce que la proximité entre les individus est grande. » Mais il se prononce contre les soirées d'intégration dans les facultés et en appelle à « la responsabilité de la population ».
Le directeur de l'ARS indique aussi que dès qu'une personne pense avoir des symptômes de Covid, elle doit s'isoler immédiatement, le temps d'avoir les résultats des examens de dépistage. Cela paraît évident mais ne vient pas systématiquement à l'idée des personnes concernées. Le cas échéant, les employeurs ne s'opposent pas à cet isolement.