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Produits fermiers

" Ne pas écrire qu'un fromage contient du lait "

Les producteurs fermiers subissent une règlementation lourde et parfois inappropriée. Entre accompagnement, soutien et défense, l'APFI est sur tous les fronts.
" Ne pas écrire qu'un fromage contient du lait "

Ils exercent trois métiers. Ils sont agriculteurs, transformateurs et vendeurs. Si le quotidien des producteurs fermiers est riche et varié, il est aussi difficile, puisqu'ils doivent respecter la réglementation et les contraintes de ces trois professions. Pour les défendre et les accompagner dans les évolutions réglementaires, l'Association des producteurs fermiers de l'Isère (l'APFI) joue un rôle prépondérant. Frédéric Blanchard, son président revient sur le quotidien et les « combats » de l'association.

Quelle a été l'actualité d'APFI au cours de l'année 2014 ?

2014 a été marqué par le départ à la retraite de Marie-Annick Dye, technicienne mise à disposition par la chambre d'agriculture, et, par l'organisation de son remplacement par Gilles Testanière, qui s'occupe des produits carnés, et Véronique Gitton, qui assure le suivi des activités de transformation fromagère et d'animation de l'association. La mise en route a nécessité un peu de temps, car, pour nous appuyer au mieux dans ce qui constitue l'essence de l'association (les réponses aux exigences de l'administration dans les domaines sanitaires et règlementaires), ils avaient eux-mêmes besoin d'être formés. Cette nouvelle organisation avec une répartition des spécialités devrait être intéressante pour nous. Elle devrait permettre un meilleur accompagnement des producteurs de viande et faciliter l'animation globale du réseau.

Vous devez respecter de nouvelles règles en matière d'étiquetage. Est-ce facile de vous y soumettre ?

Non, pas du tout. L'affichage de toutes les valeurs nutritionnelles de nos produits (matières grasses, protéines, acides gras...) est difficile, car, de fait, nous travaillons sur des produits non standardisés. Même si nous effectuons des analyses, les qualités et les compositions varient d'une pièce à une autre. Il nous est donc difficile de garantir des valeurs fiables. C'est la raison pour laquelle, nous cherchons à obtenir une dérogation, d'ailleurs prévue par le règlement européen, mais pas par l'administration française, qui cherche toujours à être la meilleure élève de l'Europe. Ainsi, nous nous battons pour ne pas devoir respecter des règles ou écrire des évidences qui, dans le cas des productions fermières deviennent absurdes. Par exemple, ne pas écrire qu'un fromage contient du lait... De la même façon, nous incitons les producteurs de viande à indiquer leur commune comme lieu d'origine du produit, car en inscrivant « élevés et abattus en France », nous nous plaçons au même niveau que les produits industriels, alors que notre spécificité est la production locale. Notre mission est donc d'accompagner les producteurs pour qu'ils respectent la législation, sans faire plus que le nécessaire.

Propos reccueillis par Isabelle Brenguier
Viande /
Noms simplifiés, mode d'emploi et ... étoiles
Le nouvel étiquetage obligatoire des viandes ne concerne pas que la viande commercialisée en grande surface. Il s'applique en fait pour tous les produits vendus en libre-service. « Du coup, les producteurs fermiers qui vendent des pièces de viande de boeuf, de veau et d'ovin sous-vide, dans leur ferme, ou au sein de point de vente collectif, n'échappent pas à cette nouvelle réglementation », précise Gilles Testanière, technicien « productions carnées » à l'Association des producteurs fermiers de l'Isère. Depuis le 13 décembre 2014, trois informations doivent obligatoirement  être apposées sur les étiquettes des produits : le nom du morceau pour ceux identifiés ou le type de morceau pour les plus méconnus (steak, rôti, pot-au-feu, escalope, côte, gigot...), le potentiel de tendreté ou de moelleux illustré par des étoiles (plus le morceau est tendre et goûteux, plus il comptera d'étoiles) et le mode de cuisson (à griller, à rôtir, ou à mijoter).
I.B.