« Nos indemnisations dépassent largement les cotisations que nous percevons »
L'assurance récolte est très hétérogène selon les secteurs et les productions. Quel est le profil type de l'assuré et comment l'assurance-récolte se répartit-elle dans notre région ?
Les départements les mieux assurés sont l'Ain et la Saône et Loire qui correspondent aux secteurs dans lesquels nous avons les meilleurs taux de pénétration. Mais nous diffusons l'assurance récolte dans tous les départements et sur tous les types de cultures : céréales (blé, maïs, colza etc.), vigne, fruits, maraîchage et même, depuis cette année, le fourrage. Dans l'Isère nous assurons principalement les céréaliers et l'arboriculture (noix).
Après les aléas de l'an dernier, quel bilan tirez-vous de cette année ? Groupama n'indemnise-t-il pas plus qu'il ne perçoit de cotisations ?
2015 a été une année difficile sur le plan de l'assurance récolte du fait de la sécheresse qui a durement touché les cultures de printemps. Les rendements en maïs ont été particulièrement bas et nous avons indemnisé un grand nombre d'exploitations céréalières. 2016 sera aussi une année difficile, mais à cause des excès d'eau du printemps et sur les céréales à paille principalement. Pour le blé, par exemple, les rendements sont les plus bas depuis le lancement de l'assurance multirisque climatique qui remonte à 10 ans. En conséquence, effectivement nos indemnisations dépassent largement les cotisations que nous percevons. Mais en Isère ce déséquilibre est un peu moins prononcé.
En dépit du fait que la Pac prenne en charge une partie du montant des cotisations, il semble que peu d'agriculteurs souscrivent une assurance. Qu'en est-il en Rhône-Alpes, et plus particulièrement dans notre département ?
Nous considérons qu'environ 20% des exploitants sont assurés pour leurs récoltes. C'est assez peu. Dans l'Isère, nous assurons approximativement 20 000 hectares. C'est un département atypique de par sa diversité de cultures et la zone de montagnes dans lesquelles, évidemment, nous avons moins d'exploitations assurées. Mais on ne peut pas dire que les exploitants isérois s'assurent moins que les autres.
Comment envisagez-vous l'avenir, au regard de l'augmentation des aléas en lien avec le changement climatique ?
Le changement climatique fait évidemment craindre une hausse des fréquences et de l'ampleur des événements climatiques. Mais on peut aussi dire que c'est une opportunité pour l'assurance récolte ! Les exploitants devront trouver dans l'assurance récolte une réponse à ces évolutions climatiques. Néanmoins, nous ne pourrons seuls assumer cette charge. Seule une réassurance étatique pourrait nous permettre de trouver un équilibre, notamment en couvrant les aléas exceptionnels par exemple. Nous pourrions aussi aller vers l'assurance obligatoire comme le pratiquent déjà certains pays (Etats-Inis, Espagne, Canada). Mais la balle est aujourd'hui dans les mains des pouvoirs publics !