" Notre credo, c'est consommer local "
Les agriculteurs ne veulent pas vivre d'aides mais de leur travail. Mais ils sont obligés de vivre d'aides et sont devenus des paperassiers. Deux agriculteurs se suicident chaque jour selon nos sources, même s'il n'y a pas vraiment de statistiques. Ce malheur n'est pas pris en compte comme l'a été la vague de suicides dans les grandes entreprises. Les agriculteurs n'en peuvent plus et mettent fin à leurs jours dans l'indifférence générale.
La grande priorité est de faire entrer les agriculteurs dans des fonds d'aide, avec des conseillers financiers, comme c'est le cas pour les indépendants qui rencontrent des difficultés. Ils n'ont pas d'autres conseils que celui de leur banque qui est à la fois juge et partie. Il faut que la Région aide les agriculteurs en très grande difficulté. Un agriculteur est seul dans sa ferme, avec 30 ou 40 vaches et se trouve confronté à des problèmes sans qu'il y ait de prise en compte.
Les producteurs sont soumis aux prix fixés par les grandes centrales d'achat. Nous voulons remettre de l'humain dans tout ça. Nous sommes pour les circuits courts. La région est la première productrice de produits biologiques, mais cela représente un coût à la production et à l'achat. Il faudrait que tout le monde puisse acheter du bio et s'approvisionner dans les magasins de producteurs, alors que cela reste un épiphénomène. C'est un scandale que la grande distribution propose des prix sur des produits qui ne sont pas de chez nous. Notre credo, c'est consommer local.
Nous voulons rétablir des prix plancher, que la nouvelle Pac consacre des aides couplées sans prendre en compte les marchés qui sont volatils. Nous avons besoin de plus de réactivité. Or le système est régulé par un mastodonte qui est l'Europe. Il n'est donc pas possible de prendre en compte la situation particulière des régions.
Nous proposons la suppression des cotisations salariales qui font perdre des parts de marché, notamment par rapport à l'Allemagne. Il faudrait les remplacer par une taxe minimum sur les grandes surfaces.
Nous refusons le traité transatlantique dont personne ne connaît les tenants et les aboutissants et va déstabiliser toute l'agriculture.
Nous sommes très attachés au fait que la région et les entreprises de la région achètent au maximum des produits locaux. Il y a bien sûr toute une logistique à mettre en place. Mais proposer tout un menu bio et local relève de la bonne volonté de chacun pour l'imposer. Les achats publics doivent être des achats locaux, en agriculture, comme dans les autres secteurs.