" Nous demandons une conférence sur les prix et l'alimentation "
Ces élections sont très importantes car même si la région couvre désormais un très grand territoire et aura tendance à s'éloigner des citoyens, il ne faut pas s'en désintéresser. Il va se décider en région un certain nombre de choses qui concernent le quotidien et les territoires ruraux en particulier.
La région a des compétences fortes en matière d'économie, d'emploi et d'aménagement du territoire. D'un point de vue politique, les régions sont dans un contexte français et européen d'ouverture aux marchés qui est tout sauf social. Il existe un champ de libre échange important avec le traité Tafta, où la concurrence est forte pour le monde agricole. La région a à se protéger de la concurrence déloyale. Nous avons l'intention de faire voter une délibération pour que Tafta épargne le secteur agricole.
Dans notre région, on peut poser des choses, pour être un peu protégé et sécurisé, qui ont à voir avec la vie des agriculteurs et leur rémunération. Ils ont un sentiment d'abandon et l'on sent une forme de précarité chez des personnes qui travaillent 70 heures par semaine pour se dégager un revenu. Ils sont au bord du burn-out alors qu'ils devraient vivre correctement de leur travail. Nous voulons faire reconnaître l'agriculture d'intérêt général.
Par ailleurs, il faut jouer l'égalité des territoires et notamment du monde rural dans une région absorbée par sa métropole. Agriculteurs et éleveurs ont un rôle à jouer. Nous voulons encourager l'agriculture paysagère et la transition énergétique, mais aussi relocaliser notre alimentation. Il y a un enjeu fort à amener tout le monde agricole à aborder la question de la transition énergétique, sans créer de déséquilibre et en faisant en sorte que tout le monde avance ensemble. Le monde agricole y gagnera en vision positive.
Il faut travailler entre producteurs et consommateurs autour de la question des prix, des alternatives aux grandes surfaces, de la qualité alimentaire. Mais les questions environnementales ne doivent pas peser sur le pouvoir d'achat. Il existe des solutions alternatives. Nous demandons une conférence sur les prix et l'alimentation à l'échelle régionale. Il faudrait aussi une vraie politique nationale de soutien à l'agriculture et aux filières alternatives. Et la région peut peser dans cette vision nationale.
C'est à la région de mettre en place des dispositifs pour se projeter, travailler progressivement, sécuriser les parcours vers plus de bio, plus de labels de qualité. Les producteurs, qui ont compris qu'il faut tenir la chaine de A à Z, parviennent à se projeter. Il existe des pratiques intéressantes. Il faut les recenser, les faire connaître. Il y a un champ d'innovation important à couvrir entre les activités conventionnelles et les autres.