« Nous devons attirer des jeunes dans la filière porcine »
Aujourd'hui, comment se porte la filière porcine, sur le plan commercial, sanitaire, réglementaire... Quelles sont les attentes, les inquiétudes des professionnels ?
En 3 ans, la production a perdu près de 30 000 porcs par semaine et la valeur des exportations est en baisse quand celle des importations est en légère hausse. Pour 2014, la production française va de nouveau baisser. Quant à la prévision du prix, il suffit de constater les conséquences de l'embargo russe imprévisible pour considérer le caractère très aléatoire de l'exercice. Sur le plan sanitaire, nous restons très vigilants. 2013 aura mis en évidence que la filière porcine reste très sensible à des épisodes sanitaires très sévères qui peuvent avoir des conséquences économiques désastreuses. Nous devons préserver notre statut sanitaire et continuer nos efforts sur les mesures de biosécurité et d'hygiène. Ceci nous permettra également de poursuivre nos efforts de dé-médication dans nos élevages et davantage procéder à des traitements préventifs telle que la vaccination.
Qu'en est-il du cadran moyen du prix du porc ?
Le cadran du prix du porc en 2013 a été de 1,464 euro, un peu mieux qu'en 2012 où il était de 1,454 euro. Si ce cadran reste le plus élevé depuis 20 ans, il est tout juste suffisant pour couvrir les coûts de production qui sont en hausse. Début 2013, le prix de l'aliment du porc a atteint un niveau record pour revenir en fin d'année au prix des années 2007-2008. Quand va-t-on assurer une pérennité économique pour les éleveurs avec un cadran plus raisonnable ?
Comment se porte la Sirepp aujourd'hui ?
Depuis 4 à 5 ans, la production de la Sirepp se maintient. En 2013, nous avons produit plus de 42 000 porcs. Toutefois, le nombre d'adhérents diminue d'année en année. Le renouvellement des générations ne se fait malheureusement pas. Nous devons attirer des jeunes dans la filière porcine. Mais les investissements sont très lourds et la rentabilité est difficile à atteindre. Le renouvellement des générations est une réelle inquiétude pour la filière, comme dans de nombreuses filières agricoles. Toutefois, nos adhérents mettent tout en œuvre pour maintenir la filière. Les éleveurs-naisseurs de notre groupement ont, en effet, tous mené à bien les mises aux normes bien-être des truies gestantes. C'est une réelle satisfaction. Depuis 4 ans, nous travaillons avec des partenaires en amont (Soréal) et en aval (Europagro, les Crêts et Tropal). Cette contractualisation nous permet de mieux échanger entre les différents maillons de la filière et de mieux comprendre les problèmes de chacun. Nous sommes également engagés dans la certification viande Rhône-Alpes. Cette certification devrait nous ouvrir des marchés de proximité, nous permettre d'être reconnus par les consommateurs.