" Nous devons faire entendre notre voix "
Quels sont les sujets sur lesquels vous souhaitez privilégier votre action ?
En premier lieu, je veux continuer le travail engagé par mon prédécesseur, Michel Champon, sur la valorisation des territoires ruraux. Je souhaite maintenir notre présence au niveau départemental, aller à la rencontre des élus des différentes circonscriptions et intensifier notre relation avec l'Association des maires de l'Isère. Nous devons faire entendre notre voix. En milieu rural, il y a une forme de citoyenneté et d'appartenance importante. Je tiens à la mettre en avant. Je veux aussi continuer d'entretenir le rapport de proximité qu'en tant qu'élus locaux, nous avons la chance d'avoir.
Les communes rurales parviennent-elles à garder leur place au milieu des intercommunalités ? Comment arrivent-elles à se positionner ?
C'est un lien de réciprocité qui nous unit. Je ne veux pas qu'on oppose les villes aux communes rurales. Les grandes villes ont leurs problématiques et nous avons les nôtres. Nous avons une porte d'entrée commune qui est le travail pour nos habitants. Il faut qu'on s'ouvre les uns aux autres. L'intercommunalité, je l'aborde comme un partenaire à part entière. C'est la raison pour laquelle je suis prêt à rencontrer les différents présidents des communautés de communes pour exprimer nos besoins et nous faire aider pour l'accès à certains services qui puissent apporter de la valeur ajoutée à nos communes rurales. En plus, nous avons la chance de beaucoup travailler avec le Département et la Région, qui se tiennent au plus près des zones rurales. Grâce à leur aide financière et logistique, nous pouvons mettre en œuvre des projets sur lesquels nous n'aurions pas osé aller et qui sont importants pour les habitants.
Les maires ont été très sollicités durant la crise sanitaire. Pensez-vous qu'ils soient suffisamment pris en compte ?
Effectivement, les territoires ruraux, les communes, les CCAS ont dû être très présents pendant cette période. Chacun a fait ce qu'il a pu pour apporter des solutions de prévention aux plus fragiles.
Nous, les élus des communes rurales, nous sommes le premier relais des besoins des habitants. Nous sommes pragmatiques, polyvalents, presque des « Géo Trouvetout ». Parfois, nous sommes aussi râleurs. Mais c'est toujours pour défendre nos communes car nous les aimons.
Il est important que nous soyons reconnus à notre juste valeur, que le gouvernement prenne en compte l'importance des territoires ruraux, leurs besoins, leurs problématiques. Il faut impérativement que l'État nous accorde plus de confiance. Le maire doit pouvoir reprendre la main sur certaines décisions, car c'est quand même bien lui et son équipe qui connaissent le mieux l'échelon communal.
J'ai constaté que la notion de ruralité avait disparu de la composition du nouveau gouvernement. J'y vois comme un mauvais signe. Pour moi, il faudrait un secrétariat d'état aux territoires ruraux.
Propos recueillis par Isabelle Brenguier