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Réforme territoriale

Nouvelle région : les Cuma sont prêtes

Le chantier de régionalisation des Cuma est lancé. La fédération régionale des Cuma Auvergne Rhône-Alpes verra le jour le 1er janvier 2016.
Nouvelle région : les Cuma sont prêtes

« Tout va se décider à la région. Les choses vont nous échapper ». Si c'est ce que certains craignent, il n'en est pas question pour Isabelle Costa-Roch, trésorière de la Fédération départementale Isère des Cuma*, présidente de la fédération régionale et cheville ouvrière de la mise en œuvre de la régionalisation du réseau. « C'est nous qui allons construire cette région. C'est à nous de faire en sorte que ce ne soit pas les Cuma d'un côté et la région de l'autre », clame l'agricultrice, à l'occasion de l'assemblée générale des Cuma de l'Isère qui s'est tenue le 11 décembre à Viriville.

Employeur unique

La création de la fédération régionale des Cuma Auvergne Rhône-Alpes aura lieu le 1er janvier 2016. Elle s'inscrit dans la continuité des réflexions des fédérations départementales des Cuma des deux anciennes régions. « Comment construire un dispositif d'accompagnement des 1 700 Cuma d'AuRA homogène et équilibré dans tout le territoire régional ? Quelles conditions financières devons-nous mettre en place pour financer ce dispositif ? Quels sont les périmètres, géographiques et politiques, à faire bouger aujourd'hui pour plus de représentativité et d'efficacité demain ? Comment continuer à donner envie à des adhérents de s'engager dans la vie des Cuma et du réseau ? » Telles sont les questions que se sont posés les cumistes au cours du deuxième semestre 2015. Toutes les réponses ne sont encore pas données, mais la nouvelle fédération régionale entend bien « continuer de fédérer et d'animer son réseau et défendre l'intérêt des Cuma auprès des instances régionales ». « Mais l'échelon départemental devra rester fort, car c'est celui qui est fédérateur. Et l'échelon régional devra porter la voix de nos Cuma au niveau national, car nous connaissons les différences existantes entre l'est et l'ouest du pays », estime Isabelle Costa-Roch. Le transfert des salariés des fédérations de proximité à la nouvelle fédération régionale, puis mis à disposition des Cuma, est prévu courant 2017, avec un objectif d'un animateur pour 100 structures. Une répartition des compétences devra être organisée à l'échelle de ce nouveau territoire.

Financement

Le Dina Cuma (Dispositif national aide) est un nouveau financement possible pour les Cuma. Mis en œuvre à compter du 1er janvier 2016, il remplacera les MTS Cuma (Prêts bonifiés moyen terme spécial), arrêtés le 30 avril 2015. « C'est une opportunité pour que toutes les Cuma soient accompagnés de la même façon, quelque soit le niveau de finances du département », explique Dominique Poncet, président de la fédération départementale du Rhône. Le dispositif  comprend des mesures destinées à l'amélioration des bâtiments et à la réalisation d'un conseil stratégique d'une durée minimale de deux jours débouchant sur un plan d'actions, financé à 90 %. Les Cuma doivent signaler les thèmes sur lesquels elles souhaitent travailler. Il peut s'agir d'organisation pour préparer le renouvellement des administrateurs, d'emploi, de charges de mécanisation, de conseils en machinisme, d'énergie. Le budget est là. Les Cuma devront s'en saisir.

 

* Coopérative d'Utilisation de Matériel Agricole

Isabelle Brenguier

 

30 ans de matériel en commun

Une cinquantaine de matériels et une vingtaine d'adhérents : telle est aujourd'hui la composition de la Cuma de Thodure. Mais il n'en a pas toujours été ainsi. Elle est née en 1985 de la volonté de cinq agriculteurs de la commune et d'un de Viriville de se diversifier autour d'une nouvelle production : le tabac Virginie. Armés de leurs seules compétences et volonté, ils ont préparé toute la chaine de production, jusqu'à sa commercialisation. Ils ont eux-mêmes fabriqué et monté un bâtiment pour le stockage et le triage du tabac, trois fours électriques pour son séchage, une planteuse, une piocheuse, un enrouleur d'irrigation, 500 mètres carré de serres avec irrigation, un enjambeur  de traitement et un de récolte, une remorque et une table de triage.
La mise en commun de la mécanisation, de la main-d'œuvre et des terres, a été la stratégie choisie pour la culture de cette plante qui nécessite de lourds investissements et beaucoup de personnel. « Nous avons donné nos heures de travail en capital social et nous essayions que chaque famille fasse le même nombre d'heures. Il n'y avait aucun échange d'argent au sein de la Cuma », explique Charly Veyron, à l'origine de la « Cuma tabacole Virginie du haut Thodure » et ancien président. Pour ses adhérents, la Cuma a permis d'envisager et de réaliser de nombreux investissements.
I.B.