Observateur toujours privilégié
Après deux ans « de galère » comme les qualifient lui-même Michel Boursier, président du groupement de défense sanitaire du cheptel de l'Isère (GDS 38), la structure sanitaire repart avec une dynamique offensive vis-à-vis de tous les défis qui l'attendent.
Le premier, celui de la régionalisation. « C'est une mode, lance un peu provocateur le président de cette structure lors de son assemblée générale à Rives le 26 mars. Cela ne va rien nous apporter ». Le rapprochement des deux régions Rhône-Alpes et Auvergne inquiète plus d'un responsable départemental. « L'action de proximité, l'essence même de notre activité, se justifiera d'autant plus que le pouvoir est éloigné », tient-il à tempérer. Et de prendre pour exemple la caisse coup dur de l'Isère qui n'existe pas dans le Rhône. C'est une particularité iséroise « parce qu'aucun des GDS ne fonctionne de la même manière » chacun répondant aux sollicitations locales.
Pour accompagner ce quotidien, le GDS a désormais retrouvé depuis quelques mois un direteur, Grégoire Mallaval, et une nouvelle vétérinaire, fraîchement débarqué au GDS, Aude de Montalivet.
Vigilance permanente
En termes d'état sanitaire du troupeau isérois, la surveillance est constante. « En IBR, il y a une légère diminution du nombre d'animaux indemnes (- 2 points), mais le taux reste très bon quand on prend les troupeaux de plus de 10 bovins, donc professionnel », explique le directeur du GDS. « Le statut de cette maladie va se durcir en 2015 », prévient Aude de Montalivet.
En BVD, 85 plans de traitement ont été ouverts ce qui est en augmentation, « mais plus on cherche, plus on trouve et on cherche beaucoup », souligne la vétérinaire. D'autant plus que la maladie va passer en groupe 2 prochainement ce qui va entraîner l'application d'une réglementation régionale et limiter les mouvements le cas échéant. « Les éleveurs ont une responsabilité quand ils vendent un animal avec un profil sanitaire », rappelle-t-on au GDS. « En BVD, on va s'orienter vers une éradication avec un échéance beaucoup plus rapide que celle qui avait été fixée pour l'IBR », souligne Michel Boursier. Mais il faudra une vigilance de tous, des éleveurs comme des vétérinaires locaux. « Ces derniers devront s'approprier les plans et adopter des discours communs », rappelle Michel Boursier. Il rappelle que lorsqu'il y a un Ipi dans un troupeau, la vaccination permet de protéger ce dernier, mais le risque de transmission aux bêtes du voisinage demeure. « Il faut systématiquement éliminer les Ipi », indique-t-il.
Transports salariés
Une nouveauté vient d'être mise en place au niveau départemental. Depuis l'abandon par un transporteur privé l'été dernier, de la collecte des échantillons d'analyses pour les amener au laboratoire vétérinaire départemental (LVD), les vétérinaires privés faisaient payer le service de transport aux éleveurs avec quelquefois des tarifs exhorbitants (entre 7 et 12 euros, voire plus) par échantillon. Le GDS a décidé de remédier à cette situation en organisant lui-même la collecte avec un transporteur désormais salarié directement, qui couvrira tous les cabinets vétérinaires du département durant les cinq jours travaillés de la semaine. Coût pour l'éleveur 0 euro, grâce à une prise en charge du coût total annuel par le GDS (22 000 euros), le LVD (25 000 euros) et la DDPP (5 000 euros). « Cette opération permet de sécuriser les échantillons, les délais les prélèvements et la fiabilité générale des analyses », se réjouit Michel Boursier.
Jean-Marc Emprin
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