Obtenteur, l'autre métier...
Qu'ils s'appellent Delbard, Meilland, Guillot, Ducher, Laperrière ou Félix, les obtenteurs de rose procèdent tous de la même façon : ils commencent par sélectionner deux « géniteurs » - une variété « père » et une variété « mère » - déterminés en fonction de caractéristiques précises (beauté, couleur, parfum, résistance aux maladie, facilité d'entretien ...). La première étape de la création consiste à recueillir le pollen du rosier mâle pour féconder, à l'aide d'un pinceau, le pistil du rosier femelle, préalablement débarrassé de ses étamines (pour éviter l'autofécondation). Au bout de deux semaines, les fruits sont déjà en formation et vont mûrir durant tout l'été pour être récoltés en septembre. Une fois récupérées, les graines sont mises en dormance pour être semées sous serre en février. Les plants obtenus seront ensuite l'objet d'un minutieux travail d'observation et de sélection qui aboutira - ou non - à la création d'un rosier nouveau multiplié à l'identique par greffage.
Indépendance
La plupart des obtenteurs n'exercent pas ce métier par hasard. « Je me suis lancé dans la création pour accomplir un travail familial engagé par mon grand-père, mais aussi pour pérenniser l'entreprise », confie François Félix. Ce fils et petit-fils de rosiériste isérois a en effet troqué son activité d'architecte-paysagiste en 2006 pour celui de créateur de rose. Une façon de garantir son indépendance à l'égard des grands créateurs, mais aussi de diversifier son activité. Sa première création porte le nom de sa grand-mère, Madame Léon Félix, un rosier grimpant à grandes fleurs roses, au parfum poudré. « Ce que je recherche, explique François Félix, c'est un bel arbuste au port souple et harmonieux, et une belle rose parfumée. Un mariage entre la rose ancienne et la rose moderne. »
MB