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« On a envie de motiver les troupes ! »

Jacqueline Rebuffet. Eleveuse en Belledonne, la vice-présidente de la chambre d'agriculture dresse un bilan très positif de la présence iséroise au Salon de l'agriculture.
 « On a envie de motiver les troupes ! »

Le Salon de l'agriculture a fermé ses portes dimanche. L'Isère a raflé de nombreuses récompenses. Ça remonte le moral, non ?

C'était en effet un bon salon et la moisson de médailles est excellente. Une douzaine d'agriculteurs ont été primés dans différentes productions : élevage, fromage, huile de noix... C'est la reconnaissance d'un travail énorme. Nous avons également lancé la marque Alpes is (h)ere au niveau national. C'est sous cette marque que nous avons organisé la dégustation de nos produits phare que sont le saint-marcellin, le bleu du Vercors, la noix de Grenoble et les vins de l'Isère. L'accueil a été très bon.

Dans le même temps, les élus d'Auvergne-Rhône-Alpes lançaient la marque « La Région du goût ». Ce téléscopage n'est-il pas un peu gênant ?

Non, car nous ne sommes pas sur les mêmes problématiques. Ce que nous voulons mettre en avant, c'est le département et ce qui s'y fait. Quand on est à Paris et qu'on discute de l'Isère avec les gens, ils ne savent pas forcément où ça se trouve. Quand on leur parle de Grenoble, ça va un peu mieux. Il y a encore beaucoup de travail à faire en termes de notoriété. Pour nous, élus de la chambre, il est important d'associer les productions iséroises au territoire, surtout pour des produits comme le saint-marcellin ou les vins de l'Isère qui sont moins connus que la noix de Grenoble ou le bleu du Vercors. Le Département souhaite d'ailleurs s'appuyer sur les produits locaux pour valoriser l'Isère. Pour l'an prochain, nous avons déjà évoqué l'idée d'un grand stand isérois durant toute la période du Salon, et non pas sur deux jours hébergé par la Région. Mais tout est encore à travailler. Car rester une semaine, ça a un coût. Il faut aussi trouver des gens qui acceptent de tenir le stand. Pour de petits producteur fermiers, ce n'est pas forcément facile. Mais si les gens sont motivés, nous le ferons.

Quel regard portez vous sur le Salon ?

C'est une belle vitrine. On côtoie plein de gens originaires de toutes les régions, et pas seulement des Parisiens. C'est l'occasion de rencontrer des consommateurs et de leur donner envie de venir en Isère. Tourisme et produits locaux sont très liés : c'est toute une économie. Mais le Salon de l'agriculture, c'est aussi un lieu d'échange et de rencontre avec d'autres agriculteurs, des élus d'autres chambres d'agriculture, des techniciens... Personnellement par exemple, j'ai discuté avec des éleveurs du Cantal, de l'Aveyron et du Lot qui se sont regroupés pour transformer et commercialiser leur lait sous la marque Les 30 fermes de Cant'Avey'Lot. Ils produisent du lait en brique, des yaourts, de l'aligot. Bien que n'appartenant pas à la même région, ils ont réussi à faire quelque chose ensemble pour mieux valoriser leur lait. C'est une super idée... Quand on rencontre des gens comme ça, on se dit qu'il y a plein de choses à faire, que l'agriculture n'est pas perdue. Quand on revient chez soi, on a envie de motiver les troupes !

Avec quel projet pensez-vous que l'on puisse motiver les troupes iséroises, aujourd'hui ?

Avec le pôle agro-alimentaire. Il est là pour ça. Il faut que nous arrivions à créer des filières pour que l'on consomme localement ce qui est produit localement et que les productions soient mieux rémunérées. Nous devons mettre en avant nos pratiques et valoriser nos produits en fonction de nos pratiques. Nous avons lancé la dynamique avec la filière viande. Ça marche. Il faut continuer avec les fromages, les céréales, les fruits, les légumes... Nous avons besoin de volumes pour que ça fonctionne. Pour cela, nous devons trouver des agriculteurs qui acceptent de se spécialiser dans certaines variétés pour fournir des structures comme la plateforme Isère A Saisonner par exemple. Au sein du comité d'orientation Economie de la chambre, on s'est dit que certains agriculteurs en difficulté pouvaient peut-être se diversifier et se lancer à produire des hectares de carottes ou de courgettes par exemple. Ça ne s'improvise pas, mais ça s'accompagne. Et la chambre est aussi là pour faire ce travail.

Propos recueillis par MB