Accès au contenu
Numérique

Partager sa perceuse, sa voiture et sa maison

L’économie collaborative permet d’échanger et de partager des objets à moindre coût grâce au numérique.
Partager sa perceuse, sa voiture et sa maison

A partir de 2019, chaque citoyen français devra payer ses impôts sur Internet. Simplicité pour les uns, crainte pour les autres. En 2011, selon une enquête Sofres, 24% des français craignent l'évolution numérique, 37% ne prononcentpas et 35% y voient une opportunité. Pourtant, le numérique est déjà présent dans le quotidien, que ce soit pour jouer, faire une recherche internet ou communiquer avec des proches. Plus de 80% des Français ont une connexion internet. Au lieu d'en avoir peur, l'association l'Age d'or a proposé une conférence sur l'utilité du numérique au quotidien. Depuis le départ, le numérique sert avant tout à communiquer. On peut envoyer un mail depuis sa création en 1971, échanger par messagerie instantanée depuis 1996, chercher des informations sur des réseaux partagés comme les forums ou Wikipedia depuis 2001. Mais depuis peu, on est passé à une autre dimension de l'échange en organisant des votes publics et des pétitions sur lnternet. On a également des outils de travail directement partagés avec ses collègues de bureau comme un agenda.
L'accès à la culture a également évolué. On est passé du jeu de société au jeu vidéo qui représente 3,4 milliards d'euros en 2016. Plus de 71% des français âgés de 6 à 65 ans jouent aux jeux vidéos. On se rend de moins en moins en magasin : on achète nos billets de spectacle en ligne, on lit des livres dématérialisés et on regarde des films en différé ou grâce à la vidéo à la demande. « L'objet dématérialisé a le même coût que l'objet manufacturé. C'est juste un autre moyen de le consommer », explique Hizya Belmadani, médiatrice numérique à l'association. Cependant, le numérique ne se limite pas faire évoluer notre façon de consommer, il a permis le développement d'une nouvelle forme d'échange : l'économie collaborative.

Acheter d'occasion sur Internet

On est passé d'une économie des biens où l'on possédait tout ce qu'on avait à une économie des services où on loue les objets. Aujourd'hui, on est dans l'économie du partage. « Je ne possède plus une voiture Renault, je ne loue pas ma voiture chez Hertz, je partage un véhicule grâce à Blablacar. L'économie n'est plus verticale, elle est horizontale », détaille Hugo Eymard-Duvernay, médiateur numérique à l'association. Cette économie permet aussi de donner accès à des biens inaccessibles jusqu'alors. « Vous n'êtes plus obligés de courir la France pour acheter un frigo, vous en trouvez un d'occasion sur Le bon coin », image-t-il. On peut acheter des biens d'occasion sur des sites, on peut louer un appartement d'un particulier sur Airb'n'b. Tout s'échange et se partage. Et si la question financière reste un problème, il est toujours possible de faire des trocs de vêtements, de livres, d'outils de jardinage ou même de mutualiser des objets entre voisins.
Ce nouveau mode de consommation s'est déployé très rapidement car il répond aux besoins des gens. « C'est très économe et cela répond à une quête de lien social puisque pour échanger des biens, on est obligé de communiquer », explique Hizya Belmadani. Cependant, même si à première vue, l'économie collaborative est plus écologique, elle ne l'est pas forcément en pratique... « Elle accélère le cycle du désir. On n'a plus besoin d'attendre d'avoir l'argent pour le posséder. On consomme plus mais différemment », confirme Hugo Eymard-Duvernay. Mais tout le monde n'est pas encore prêt pour mettre sa maison sur Internet. « Ce sont les jeunes générations qui les utilisent en majorité. Elles sont très connectées, ont confiance dans le numérique et ne craignent pas les paiements en ligne », détaille-t-il. L'association L'Age d'or s'adresse davantage aux personnes âgées qui rencontrent des difficultés avec Internet qui ne connaissent que rarement ces moyens d'échange. « Le but n'est pas forcément de leur faire utiliser toutes ces plateformes numériques, on veut juste leur faire découvrir ce monde », explique le médiateur.

Virginie Montmartin