Accès au contenu
Prévention

Partir l'esprit tranquille

La gendarmerie et la police proposent aux particuliers comme aux entreprises de souscrire à une "opération tranquillité", pour bénéficier de patrouilles gratuites durant les périodes de congé. Un véritable service public de sécurité.
Partir l'esprit tranquille

Vous partez en congé ? Ayez le réflexe « OTV ». Comme chaque année en période estivale, la gendarmerie nationale invite les particuliers et les chefs d'entreprise à rejoindre l' « opération tranquillité vacances » (OTV), un dispositif qui permet de bénéficier gratuitement d'une patrouille des forces de l'ordre à son domicile. Il suffit pour cela de se présenter au commissariat de police ou la gendarmerie, selon les secteurs, et de signaler son absence en remplissant une demande individuelle de surveillance. « La déclaration ne garantit pas que les habitations ou les locaux ne seront pas cambriolés, mais la multiplication des patrouilles permet de diminuer les risques », précise le capitaine Pascal Oger, commandant de la brigade de gendarmerie de Saint-Egrève, qui ajoute : « Les cambrioleurs, quand ils voient du bleu, ça les dissuade. »

Avec 1713 déclarations d'absence en 2013 et 1766 pour le seul premier semestre 2014, le succès de l'opération tranquillité vacances (« opération tranquillité entreprise » pour les professionnels) ne faiblit pas. Avec à la clé un constat : aucun domicile ou commerce n'a été cambriolé en l'absence de personnes ayant souscrit au dispositif. Hasard ou réel effet dissuasif des patrouilles ? Sans doute un peu les deux, reconnaît le capitaine Oger, qui rappelle que la lutte contre les cambriolages est une priorité pour les forces de l'ordre : « Ça reste un de nos points noirs », confie-t-il.

Une prévention facilitée en milieu rural

L'évolution de la délinquance, itinérante, de plus en plus mobile, dans des créneaux horaires très fluctuants, complique la tâche des gendarmes et des policiers. « Nos adversaires ont un avantage sur nous : ils nous voient et nous ne les voyons pas. » Eternel jeu entre les gendarmes et les voleurs, dont les règles diffèrent selon les territoires. En milieu urbain ou périurbain, la prévention est paradoxalement plus difficile à mettre en place. L'habitat y est plus concentré, mais l'anonymat est aussi plus grand. Alors qu'en milieu rural, le contrôle social s'effectue plus facilement. « A la campagne, les véhicules suspects et les présences anormales sont vite repérés, confirme le chef Klein, référent sûreté pour le département de l'Isère. Les agriculteurs connaissent bien leur territoire et sont une source précieuse d'information. »

En ce qui concerne les entreprises, la problématique est encore différente. Récemment mis en place, le dispositif « opération tranquillité entreprise » ne connaît pas le même succès qu'avec les particuliers, parce que « les entreprises sont en général bien sécurisées », justifie le capitaine Oger. A Saint-Egrève, Robert Odru, à la tête d'une entreprise spécialisée dans la vente et la maintenance du matériel de pesage, ne se félicite pas moins de sa collaboration avec la gendarmerie. Située à un carrefour stratégique entre zone commerciale et voie ferrée, son entreprise a dû faire face à plusieurs vols de matériel. Mais depuis, les rondes régulières de la gendarmerie, associées au flair aiguisé de deux saint-hubert, ont nettement amélioré la sécurité de l'établissement. Pour le capitaine Oger, il n'y a pas de solution miracle. Seul un faisceau de mesures peut parvenir à diminuer la vulnérabilité des habitations et des locaux. « La première prévention, insiste-t-il, c'est la sensibilisation des voisins. »

Marianne Boilève