Pascal Guéneu : le choix de la libre cueillette
Après avoir obtenu un Brevet professionnel agricole et un BTS productions animales, Pascal Guéneu a décidé de se lancer dans le maraîchage. Il a longtemps hésité entre des spécialisations dans le domaine de l'élevage, de la polyculture ou du maraîchage. Mais il a maintenant trouvé sa voie, « la libre cueillette », explique-t-il. « C'est en me rendant à l'exploitation de La Frette que j'ai eu l'idée d'ouvrir un maraîchage de libre cueillette. J'aime le contact avec les clients », témoigne l'ancien berger. A la tête d'une exploitation de 2,7 hectares, l'Isérois cultive aujourd'hui une quarantaine de légumes différents. Ayant été bercé dans le milieu agricole tout jeune, il lui a été facile de se réorienter dans le maraîchage. « Faire pousser des légumes, c'est évident pour moi, car j'ai toujours été dans le milieu agricole. Mais pour ceux qui se réorientent complètement, il est important de passer par la formation, et ce n'est pas évident pour tout le monde », indique Pascal Guéneu.
« La formation sert toujours »
Pascal Guéneu a surtout acquis des techniques de maraîchage par le biais de formations ciblées. Il a participé à des modules en partenariat avec la chambre d'agriculture ou la MFR de Moirans. Ces modules, souvent sur une journée, lui ont notamment apporté des connaissances dans les domaines de la gestion de l'enherbement, du soin aux plantes ou de la rotation des sols. « La rotation des légumes est primordiale, pour que les sols soient toujours alimentés. Si on plante les légumes tous les ans au même endroit, les sols vont s'appauvrir, car ils récupèrent toujours les mêmes minéraux pour se développer », indique Pascal Guéneu. Cela peut engendrer des carences, car le produit manque de nutriments, et des maladies peuvent se développer. « Je fais donc une rotation, et les légumes ne retrouvent leur place initiale que tous les quatre ans. » C'est une rotation assez longue qui, d'après le chef de l'exploitation maraîchère, « permet d'éviter la baisse des rendements. »
Ce qu'il a appris lors de sa formation initiale l'a également aidé au fil des années. « La formation sert toujours, d'une manière ou d'une autre », explique-t-il. « Elle nous immerge dans les métiers agricoles à travers les stages, et nous apprend aussi les bases de la comptabilité et de la gestion ». Chef d'exploitation, Pascal Guéneu utilise donc régulièrement ces notions pour gérer son domaine. « Quelle que soit la formation que l'on suit, elle nous est toujours utile dans le domaine agricole. »
La relation client
Le maraîcher cultive par ailleurs de petits fruits, des fraises, des framboises et du raisin de table, qui sont passés sous le label agriculture biologique. Bien qu'il n'ait pas été formé à ce type d'agriculture, Pascal Guéneu a longtemps hésité sur la labellisation de son maraîchage. « Je voulais produire bio, mais je n'étais pas certain de vouloir certifier mes produits. » Mais n'étant pas encore installé, c'était plus simple. « Si j'avais voulu me lancer dans le bio après m'être installé, il m'aurait fallu attendre deux ou trois ans avant de pouvoir être labellisé. » Le maraîcher traite donc ses produits seulement avec des produits naturels, comme le cuivre. C'était une volonté de sa part de ne pas utiliser de produits phytosanitaires, ni d'engrais, qu'il remplace par du fumier. « Pour moi, le plus important, c'est la relation avec les clients. J'aime pouvoir leur vendre des produits naturels. » C'est ce qu'il explique à son fils, qui travaille parfois avec lui sur l'exploitation. « Il faut bien prendre en compte la vente. Nous sommes dans une région dynamique, avec du potentiel. » Il y a donc de la place pour qui veutse lancer dans le maraîchage. « Pour se réorienter, il faut avoir les bases et la motivation, résume Pascal Guéneu. Les bases, on peut les apprendre en formation continue. La motivation, elle, vient du plaisir à exercer ce métier. »