Passionné, de père en fils
Chez les Savoy, on est agriculteur de père en fils, et de frère en beau-frère. Georges Savoy, le père, s'occupe de la traite et des veaux. Jean-François Savoy, le beau-frère, est chargé des semis et du labour. Loïc Savoy, le fils de Georges, est préposé à la conduite du troupeau et la gestion des rations. Avec 90 vaches laitières, les trois associés du Gaec Le Gua situé à la sortie de Saint André le Gaz développent leur exploitation à leur façon. « On avait des simmental, une race suisse, quand je travaillais avec mon père, explique Georges Savoy, mais on a changé depuis pour des prim'holstein et des monbéliardes car elles produisent plus de lait. » L'exploitation livre 700 000 litres de lait à la coopérative Sodiial. Pourtant, étant situés juste au bord de la route... « On nous demande souvent pourquoi on ne fait pas de la vente directe. Ce n'est pas notre objectif, il faut un agrément et ce n'est pas les mêmes questions d'hygiène et de contrôle. » Pas de bio en vue non plus. « Ce n'est pas le moment de changer ! »
Un bâtiment polyvalent
A l'arrivée de Loïc Savoy sur l'exploitation, en 2010, le père et le beau-frère, arrivé en 1986 à la retraite du père de Georges, ont fait construire un nouveau bâtiment qui répond aux normes récentes. « Il n'y avait pas de fosse à lisier dans l'ancien bâtiment et il était collé à notre habitation. Il était temps que l'on sépare le travail et la maison », explique le père de famille. Vu l'investissement de 850 000 euros sur 20 ans, le bâtiment a été bien réfléchi : à droite les veaux et les génisses, à gauche, les vaches. « On garde toutes nos génisses, entre 20 et 25 par an, pour réformer », explique-t-il. Une grande fosse à lisier se situe sous le bâtiment avec une capacité de 1000m3. « On a préféré faire comme ça plutôt que construire une cuve extérieure. On ne craint pas le lessivage par la pluie et on économise sur les engrais », explique le fils. Quant à la zone de traite, elle permet de placer les animaux parallèles les uns les autres et non pas les uns derrière les autres. « On peut mettre 16 vaches en même temps. On mets une heure pour traire 100 vaches », détaille-t-il. « Le fonctionnement est simple mais cela nous plait bien », concluent les trois associés.
Savoir travailler en équipe
Afin de rentabiliser l'exploitation, les trois associés travaillent leur autonomie. Les vaches pâturent une partie de l'année sur 10 à 15 hectares. « En réalité, les vaches sont souvent dans le bâtiment, car on a des difficultés à faire nos rotations et l'herbe n'est pas toujours bonne », détaille le père. La ration distribuée aux vaches dans le bâtiment est composée d'ensilage de maïs et d'herbe, du foin ainsi que du tourteau de colza et de soja. Elle est gérée par Loïc Savoy avec l'aide d'un technicien et distribuée manuellement. « Avant de passer à un robot ? » suggère un agriculteur présent. « Non, j'aime bien, ça me permet de garder le contact avec l'animal. Tu vois tes vaches, tu regardes si tout va bien », explique-t-il. Pour le matériel, ils travaillent avec la Cuma de Paladru.
En réalité, la force du Gaec se situe dans l'équipe. « Le travail a plusieurs, c'est merveilleux à condition qu'on s'entende bien. Et on ne s'est jamais disputé », raconte Georges. Toujours à deux sur l'exploitation, ils essaient de se réserver, à tour de rôle, un week-end sur trois. Nicolas Savoy, le frère de Loïc, a déjà sa place réservée lorsque Georges Savoy partira à la retraite. En attendant, il travaille entre la ferme familiale et la ferme de la Cassole à Saint-Didier-de-la-Tour. Les deux fils souhaitent monter le nombre de vaches à 100, seuil maximal du bâtiment.
« C'est une exploitation consciente de ses difficultés mais qui sait positiver. Ils ont installé leur fils et projettent d'installer le deuxième », félicite Didier Villard, président de TerraVal'd. Pour Thomas Behal, chargé de mission de Terraval'd, il était important de faire visiter cette exploitation aux élus : « Ils ont conservé un modèle plus traditionnel mais ils ont cherché des solutions depuis dix ans à la crise du lait ».
Virginie Montmartin