Passionnés par la charolaise
Le Syndicat des éleveurs charolais de l'Isère (Seci) a tenu son assemblée générale le 13 février à Saint-Savin. Le président du syndicat, David Rivière, ne s'en cache pas : « l'ambiance est compliquée dans les campagnes. Le moral des éleveurs, montrés du doigt alors qu'ils ont à cœur de faire de la viande de qualité, est loin d'être au beau fixe ».
Pour autant, ils ne se laissent pas abattre. La passion de l'élevage qui les anime au quotidien leur sert de moteur pour poursuivre leurs actions au sein du syndicat. Leur participation et leur forte implication durant les foires de Beaucroissant du printemps et de l'automne, l'organisation de leur journée conviviale qui a eu lieu en 2019 chez Noémie et Emmanuel Drevet à Montalieu, celle de leur « journée visites » dans des exploitations du Rhône, et enfin la tenue du concours départemental d'élevage, en août dernier sont autant de témoignages du dynamisme du groupe.
Calcul de rations
Au-delà de l'organisation de ces différentes rencontres, sept éleveurs du syndicat charolais, accompagnés d'un éleveur de limousines et un d'angus, se sont retrouvés en novembre dernier lors d'une formation sur le bilan fourrager. Animée par Sarah Dupire, conseillère en élevage bovin viande à la chambre d'agriculture de l'Isère, cette journée est partie du constat que de nombreux éleveurs s'interrogeaient sur le calcul de la ration de leurs bêtes, en particulier parce que les sécheresses qui sont de plus en plus présentes dans le département, réduisent la disponibilité en fourrages. Pour la technicienne, il est donc encore plus important d'optimiser au mieux la ration en fonction des différentes catégories d'animaux présents dans les élevages, selon leurs besoins et leurs objectifs. « La première partie de la formation a eu pour objectif de préciser les bases de l'alimentation d'un bovin viande, les constituants d'une ration, la minéralisation, mais aussi d'apprendre à calculer un bilan fourrager en fonction de ses stocks et de l'effectif animalier. L'idée était d'accompagner les éleveurs à se demander s'ils ont assez de matière sèche pour nourrir leurs animaux durant l'hiver. La seconde fut consacrée au calcul de la ration. Même si je reste présente dans leur accompagnement, je souhaitais que les agriculteurs puissent s'approprier cette technique pour gagner en autonomie », explique Sarah Dupire.
Les résultats de la journée ont été révélateurs. S'ils ont validé la ration de plusieurs éleveurs, ils ont aussi montré que chez certains, elle était trop riche par rapport aux besoins des animaux. Ce qui entraînait des problèmes de gaspillage et de reproduction. « Dans certains cas, nous avons donc diminué les apports d'aliments et de farine. Au-delà des économies réalisées, certains éleveurs ont rapidement constaté les effets positifs sur leurs animaux : davantage de vaches pleines, des veaux en meilleure santé et de moindres besoins en paillage puisque les bêtes n'ont plus la diarrhée », détaille Sarah Dupire.
Appréciée, la formation qui a été dispensée aux éleveurs adhérents des syndicats de race sera certainement reconduite à l'automne prochain et ouverte à l'ensemble des éleveurs de bovins du département.
Isabelle Brenguier