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Nord-Isère

Pépinières Bonnaire : l'adaptation en plein champ

Installé à Bourgoin-Jallieu depuis 1979, Gilles Bonnaire a vu le marché et les modes de consommation évoluer. Mais il a su s'adapter en jouant sur plusieurs leviers.
Pépinières Bonnaire : l'adaptation en plein champ

Les années filent, l'amour du métier reste intact. Malgré les évolutions du marché, du foncier... et des comportements. Installé en périphérie de Bourgoin-Jallieu, Gilles Bonnaire voit le monde bouger et bouge avec lui. Le chrysanthème ne fait plus recette en novembre (2% de son chiffre d'affaires) ? Pas grave : l'homme a tant de ressource sous ses serres et dans ses pépinières, qu'il parvient à lisser ses ventes sur l'année, avec un gros pic au printemps, quand les clients se ruent sur les annuelles.

Le producteur tire son épingle du jeu en combinant activité de pépinière, production florale et jardinerie. Après un démarrage en douceur avec 7 000 mètres carrés en 1979, son exploitation s'étend sur 4,5 hectares aujourd'hui, dont une grande partie est occupée par les pépinières. Il faut au moins ça pour répondre à la demande et résister au rouleau compresseur des grandes enseignes. Mais Gilles Bonnaire a plusieurs atouts dans son jeu : un frère paysan grâce auquel il est parvenu à troquer des terres et créer une unité autour de sa jardinerie, un très grand choix de variétés, une localisation stratégique sur la route de Bourg-en-Bresse, qui lui permet d'associer « l'attraction de la grande ville et l'avantage de la campagne », et un immense parking.

Une autre façon de jardiner

Certes, en 40 ans, les modes de consommation ont changé. « On voit bien que les surfaces de jardin ont énormément diminué et que la façon de jardiner n'est plus la même, indique le professionnel. Nous faisons moins de grosses ventes. Les gens n'achètent plus de grandes quantités de végétaux pour tout le jardin. Ils attachent plus d'importance à une grosse plante installée près de la maison, le jardin devenant une sorte de pièce à vivre supplémentaire. » Le pépiniériste a donc adapté son offre en conséquence, et s'en tire plutôt bien.

Tout n'est pas simple pour autant. Ces six dernières années, le chiffre d'affaires a chuté de près de 15 %. Gilles Bonnaire n'a plus que huit salariés, la masse salariale étant la seule variable sur laquelle il ait prise. Il s'inquiète par ailleurs de la pression foncière et de la montée des incivilités. « C'est le gros problème, reconnaît-il. Il y a de plus en plus de vols, d'intrusion dans les pépinières, de vandalisme... Mais pour cela, on n'a pas beaucoup de solutions. Porter plainte ? Mais on y passerait notre vie ! » Et Gilles Bonnaire a mieux à faire.

Marianne Boilève