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Questions à…

Permettre aux Français de manger français

Françoise Soullier, la présidente des JA 38, appelle les producteurs et les consommateurs à la vigilance, de façon à n'être plus la "variable d'ajustement" de la grande distribution.
Permettre aux Français de manger français

Quel bilan tirez-vous de l'édition de Terre de sens qui s'est déroulée à l'initiative des JA dimanche?

Françoise Soullier : Je voudrais d'abord saluer le travail des JA qui ont réussi à organiser un tel événement festif dans le contexte de crise et de mobilisation actuel. C'est d'autant plus important que nous nous devons de communiquer en direction du grand public par rapport à notre métier. Que l'on soit producteur ou consommateur, nous sommes en bout de file : nous sommes les variables d'ajustement du système. Alors que c'est aux acteurs intermédiaires de revoir leurs marges, de façon à ce que les producteurs s'en sortent mieux sans pour autant que les consommateurs paient plus cher.

Lors d'une intervention en direct sur le Tour de France samedi, vous avez lancé un appel au "patriotisme alimentaire" des Français…

F.S. : Manger français, ce n'est pas forcément manger les produits locaux qui sont produits près de chez soi. Faire cela, c'est louable et c'est à développer. Mais ce n'est pas pas possible pour tout le monde. Il faut aussi que les GMS vendent des produits français et que les consommateurs puissent les acheter. A nous producteurs d'être vigilants et de travailler à ce que les étiquetages soient clairs et simples, sans ambiguité. Ça fait partie du combat en cours.

Lors des discours prononcés dimanche, une allusion a été faite à de prochaines actions visant la restauration collective. Qu'en est-il ?

F.S. : Des actions interdépartementales vont être menées pour vérifier l'origine des produits dans les plateformes d'approvisionnement de la restauration hors-foyer. Il y en a trois en Rhône-Alpes : une à Chambéry, une autre à Lyon et une troisième à Clermont-Ferrand. Ce qui n'empêchera sans doute pas les actions locales en direction de plateformes d'approvisionnement en Isère.

Que pensez-vous des annonces faites par l'Etat vendredi ?

F.S. : Il faut rester vigilants et faire en sorte que ces annonces ne restent pas des annonces. Les augmentations doivent être effectives sur les factures. L'acquis de vendredi constitue un pallier. Mais si cette marche n'est pas franchie, nous ne pourrons pas demander plus, à savoir 6 centimes de plus le litre de lait et 60 centimes de plus par rapport au seuil de 3,90 euros le kg pour la viande bovine.

Propos recueillis par Marianne Boilève