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Moutain planet

Petit sur la même ligne que les grands

Cordel et la corderie Charnier sont présents au le salon de la montagne de Grenoble depuis 20 ans. L'occasion pour Jean-Pierre Monteil, dirigeant des deux sociétés grenobloises et membre du comité de pilotage du salon, de présenter ses nouveaux produits hautement techniques.
Petit sur la même ligne que les grands

Depuis combien de temps participez-vous au salon de l'aménagement de la montagne, rebaptisé Mountain planet ?

Nous fêtons nos 20 ans au Sam et les 100 ans de la corderie Charnier en même temps que les 40 ans du salon. A Grenoble, le développement de la montagne coule de source et c'est un secteur qui représente 40% de l'activité de Cordel, spécialiste en équipements de levage, de protection et de sécurité. Depuis 20 ans, les montagnards de souche nous ont accordé leur confiance et, comme dans le monde paysan, on conclut les affaires en se tapant dans la main à la fin de la foire.

Qu'appréciez-vous dans ce salon ?

Nous nous mettons sur notre 31 pour montrer notre savoir-faire et ce que nous sommes capables d'apporter. En trois jours, nous rencontrons 200 clients potentiels. La clientèle étrangère est de plus en plus nombreuse. C'est un très beau salon. Tous les exposants font leur maximum. Il faut voir la dimension des structures réalisées par certaines entreprises comme Poma, Leitner ou Kässbohrer ! Et puis, le Sam marque la fin de la saison pour les montagnards, c'est un moment particulier.

Ne vous sentez-vous pas petit parmi les majors ?

Sans les grosses locomotives, le Sam, pardon Mountain planet, ne pourrait pas exister. Et les petits cassent leur tirelire pour montrer qu'ils sont capables de faire des choses bien en étant complémentaires des grandes entreprises. Si les gros fonctionnent bien, alors, les petits aussi. Depuis toutes ces années, nous avons ainsi réussi à devenir sous-traitant de Poma et Leitner. Lorsque nous sommes arrivés au salon de l'aménagement de la montagne, en 1994, nous avons présenté les premières lignes de vie en anticipant sur l'évolution imminente de la réglementation. Cela a été décisif en nous apportant durablement des commandes de la part de stations de ski. Aujourd'hui, le Sam s'ouvre encore plus aux petites structures, notamment avec l'aide des CCI qui proposent leurs espaces aux nouvelles entreprises.

Quel budget consacrez vous au salon ?

Pour la location du stand de 36m2, la rémunération du standiste et les investissements divers, cela représente 15 000 euros. Nous considérons que c'est notre budget de communication sur deux ans pour les entreprises Cordel et la Corderie Charnier, la première réalisant 1,6 millions d'euros de chiffre d'affaires et la deuxième, 140 000 euros. Il faut miser pour gagner. Et puis, nous sommes très biens placés cette année, à proximité des grands. Les années où il n'y a pas le Sam, nous organisons des journées portes ouvertes.

Que vous apporte de faire partie du comité de pilotage de Mountain planet ?

Je suis la plus petite entreprise. Cela me permet de voir tout ce qui se prépare et de parler d'égal à égal avec les grands. Il réunit quinze structures ; des professionnels ainsi que l'Anem*, l'Anena** et Erai***. Cette année, nous avons décidé d'ouvrir le salon aux étudiants le vendredi et de créer un espace de communication sur les métiers de la montagne. C'est un secteur difficile, mais qui présente une grande diversité.

Quels produits présenterez-vous ?

Nous serons organisés en trois pôles : le matériel d'évacuation et les téléporteurs ; la protection des hommes au travail (casque, gants, harnais) et enfin, le levage, qui relève plus particulièrement de la corderie Charnier. Nous présenterons plus spécifiquement les cordages techniques pour les travaux forestiers. Il s'agit du câble synthétique Dynalight fabriqué depuis 2011 par notre fournisseur Cousin Trestec, dans le Nord. Plus résistant que du câble acier, il ne présente pas de risque de coup de fouet en cas de rupture, il est léger, donc moins pénible à tracter, s'enroule facilement sur un treuil, et ce n'est pas compliqué de confectionner une épissure si deux longueurs sont sectionnées. Beaucoup d'élagueurs travaillent avec ce câble synthétique car il est plus pratique quand il s'agit d'aborder des secteurs pentus. Il existe en huit diamètres différents, de 6 mm à 20 mm, se compose de 12 torons tressés. Il équipe déjà de nombreuses machines forestières ou d'engins de travaux.

 

*Anem : Association nationale des élus de montagne

** Anena : Association nationale pour l'étude de la neige et des avalanches

*** Erai : Entreprise Rhône-Alpes international.

Propos receuillis par Isabelle Doucet

 

Manifestation / La salon de l'aménagement de la montagne, qui se déroule à Grenoble du  23 au 25 avril, fête ses 40 années d'innovation.

Montagnes sans frontières

Créé en 1974, le salon de l'aménagement de la montagne, rebaptisé Mountain planet, mais que tout le monde continue d'appeler Sam, demeure un grand rendez-vous bisannuel international des équipementiers de montagne. Ce salon B to B réunit 750 exposants issus de 59 pays, qui couvrent 15 secteurs d'activités. Il est plus concentré cette année car les exposants du Hall 89 comme le fabricant d'engins isérois Villeton, ont regagné le hall principal. Mountain Planet attire environ 15 000 visiteurs. Si la Corée du Sud, JO de PyeongChang 2018 obligent, est à l'honneur, la manifestation sait faire valoir des thèmes plus locaux comme un focus sur la reconstruction du refuge de l'Aigle dans les Ecrins (dévoilé lors du salon du bois en début de mois), ou la fameuse exposition de Pierre Novat, grand dessinateur des plans de pistes de ski. De nombreux événements rythmeront ces trois journées. Il sera notamment question de la formation aux métiers de la montage dans le cadre d'un colloque organisé par l'Association nationale des élus de montagne, le 24 avril, de 9h à 11h. Les CCI de montagne seront également présentes de façon à promouvoir leurs actions en faveur du dynamisme économique des massifs. Elles signeront le 24 avril une convention « la Trace » avec le syndicat des moniteurs de ski français et l'ESF, pour sensibiliser les entreprises et le grand public aux impacts sur l'environnement des activités de montagne.
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