Pire que 2002
L'année céréalière restera dans les annales mais au mauvais sens du terme. Selon Philippe Lefebvre, responsable métier du grain à la coopérative La Dauphinoise, 2014 est certainement pire que 2002, année où l'on avait déjà vu la germination des blés sur pied. « On travaille un jour par ci, un jour par là, la récolte est compliquée cette année. Cela n'avance pas vite », déplore le technicien. Les pluies, quasi quotidiennes la semaine dernière, encore un gros orage lundi soir dans le nord Isère alors que le week-end n'avait pas été sec, le ciel malmène la filière céréalière cette année. « Il reste encore 10 % des blés à récolter, 50 % du triticale, chiffre-t-il, et la germination sur pied a commencé depuis le 15 juillet. Elle n'était que partielle à ce moment-là, aujourd'hui elle est généralisée. On ne récolte donc plus de blé meunier. » Car dorénavant, soit les blés sont germés, soit ils sont classés en qualité fourragère en raison de leur poids spécifique, trop faible.
Pourtant l'année s'annonçait plutôt bien. « Jusqu'au 8 juillet, l'état était parfait, on avait déjà rentré une partie du blé et de l'orge, la qualité était bonne, les rendements corrects. Il nous a manqué une dizaine de jours de beau temps pour faire une année correcte », constate Philippe Lefebvre.
Les conséquences ne sont pas anodines : il y a non seulement des coûts de séchage et non pas d'une simple ventilation des grains, mais surtout la valeur de la production s'effondre. « Les blés français sont essentiellement pour la meunerie hexagonale ou à l'export, explique-t-il. Comme tout le quart Nord est de la France a connu le même type de désagrément, beaucoup de blé à l'origine meunier est déclassé. Il faut donc trouver des débouchés ce qui n'est pas facile. Le prix aux producteurs va s'en ressentir même si la coopérative est là pour essayer de « tamponner » les différences. »