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Transmission

Pluralité d'orientations pour financer une reprise d'exploitation

Pour accompagner cédants et repreneurs d'exploitations d'élevage, la chambre d'agriculture de l'Isère a organisé une journée dédiée aux modes de financement.
Pluralité d'orientations pour financer une reprise d'exploitation

Le sujet est crucial. Les questions ont donc été sans détour. « Où trouve-t-on de l'argent ? Comment ? Qui peut nous en donner ? Ou nous en prêter ? Et sans apport, comment fait-on ? » Pour les sept porteurs de projets venus à la journée consacrée à la transmission et à la reprise d'exploitation en élevage, organisée par la chambre d'agriculture, le 13 décembre à la MFR de Coublevie, il s'agissait de trouver les clés de financements pour mener à bien leur projet d'installation agricole.

La reprise d'une exploitation d'élevage est souvent un investissement - très - lourd. Il est donc important d'accompagner les futurs cédants et repreneurs dans leurs démarches. C'est ce que font Marion Canaud et Sophie Cadet, conseillères à la chambre d'agriculture en les aidant à mieux cerner l'ensemble des enjeux qui gravitent autour des biens à reprendre et des modes de financement. Avec les interventions de Caroline Brenas et de Dominique Renoud, du Crédit Agricole Sud-Rhône-Alpes, Sophie Cadet, a fait un tour d'horizon des différentes sources de financement existantes. « Elles sont multiples », explique la conseillère. « Il y a celles qui relève du domaine bancaire, celles issues du financement participatif (de type MiiMOSA) et celles qui sont de l'ordre des subventions auxquelles chaque candidat peut bénéficier selon son projet », détaille Dominique Renoud. « Toutes ces possibilités sont complémentaires les unes des autres. Il en est qui oppose les systèmes bancaires et participatifs, mais ce n'est pas de cette façon qu'il faut réfléchir. Au contraire », prévient Caroline Brenas.

Coup de pouce

La première des étapes pour un porteur de projet est donc de rencontrer sa banque. A l'aide du plan prévisionnel établi en amont, le conseiller bancaire sera en mesure de lui indiquer de quels prêts il pourra bénéficier. Il l'aidera aussi à évaluer l'ensemble des biens de l'exploitation à reprendre ainsi que les besoins de trésorerie et de fonds de roulement, qui sont des éléments à ne pas négliger. A noter que les banques peuvent également proposer des avances sur les subventions, qui permettent de donner un coup de pouce durant la période de récupération des factures certifiées acquittées.
Sophie Cadet fait aussi état d'un nouveau dispositif correspondant à un fond de prêts d'honneur pour l'installation agricole. « Il s'agit d'un prêt à la personne, sans intérêt ni garantie personnelle, d'une durée de trois à six ans avec un différé possible de 18 mois. Il s'accompagne d'un prêt bancaire de la même durée. Son objectif est de constituer une partie des fonds propres nécessaires pour la création ou la reprise d'une exploitation dans le cadre d'une installation », précise-t-elle.

Pléthore de plateformes

Selon les conseillers présents à cette journée, le financement participatif peut s'avérer particulièrement intéressant dans le cas des exploitations orientées vers la transformation et la vente directe. Car d'une part, il amène des capitaux, et d'autre part, il permet au futur agriculteur de se faire connaître et de se constituer un premier réseau. « Mais attention, les dons effectués impliquent souvent des contreparties. Il est important de bien évaluer leur coût à la production et même à l'envoi », met en garde Caroline Brenas. Pour les porteurs de projets, il existe pléthore de plateformes. Si MiiMosa, qui est spécialisée dans le domaine agricole est très bien, il en existe d'autres comme Ulule ou Kocorico. Il peut être intéressant de se renseigner sur le site national des plateformes de financements participatifs qui donne une liste de celles qui sont agréées et donc de confiance.
Du côté des subventions, outre la Dotation jeune agriculteur, aide au capital pouvant être attribuée aux futurs agriculteurs de moins de 40 ans, et une aide à la trésorerie émanant de la région Rhône-Alpes, les porteurs de projet peuvent aussi bénéficier d'aides à l'investissement, comme celles inclues au sein du PCAE (Plan de compétivité des exploitations agricoles), qui cible les investissements productifs dans les activités d'élevage. Il existe aussi celles intégrées dans le Feader (Fonds européen agricole pour le développement rural) et celles que peuvent accorder des collectivités comme la Communauté de communes du Grésivaudan, le Pays voironnais ou Grenoble-Alpes-Métropole. « Il faut se renseigner auprès de celle de son territoire » insiste Sophie Cadet.

Isabelle Brenguier

Une heureuse transmission

« Je tenais à ce que ma ferme ne soit pas morcelée. J'avais réussi à constituer une exploitation d'un seul tenant entre les bâtiments et les terres. Si je n'avais pas trouvé de repreneur, j'aurais dû la céder petits bouts par petits bouts. Je suis content d'avoir pu la transmettre ainsi », explique Jean-Luc Besson, agriculteur à la retraite qui vient de céder son exploitation d'Entremont-le-Vieux, dans le massif de la Chartreuse, à Florentin Champon, un jeune éleveur passionné.
200 000 euros
Il a fallu un peu de temps et quelques allers-retours entre les deux parties pour que l'affaire soit conclue. Mais depuis le 1er janvier 2019, Florentin Champon a pu reprendre la petite ferme de montagne et s'installer. Composée de 45 hectares en location, d'un bâtiment principal pour les laitières, d'un autre en location et encore d'un autre en propriété qu'il ne lui a pas cédé mais qu'il lui met à disposition, l'exploitation répond aux attentes du jeune agriculteur, qui élève ainsi 24 vaches laitières. Pour l'instant, le lait produit est commercialisé, à la Coopérative laitière des Entremont à un tarif de 390 euros les 1 000 litres en prix de base et 470 euros les 1 000 litres si l'on compte les primes de qualité. Mais le jeune agriculteur titulaire d'un Bac pro CGEA (Conduite et gestion de l'entreprise agricole) et d'un certificat de spécialisation en transformation laitière, n'exclut pas de se lancer dans ce dernier domaine.
Pour la réalisation de son projet, Florentin Champon a investi 200 000 euros, dont 150 000 auprès de Jean-Luc Besson. Sans apport personnel. Uniquement grâce à des prêts bancaires et à la DJA.

IB