Accès au contenu
Pôle agroalimentaire

Plus de fluidité entre producteurs et entreprises locales

Daniel Paraire, président de la CCI Nord Isère et gérant de la société Concept-Réception, vient de rejoindre le Pôle agroalimentaire et le comité d'agrément de la marque Is(h)ere. Un choix stratégique qui doit permettre de mieux organiser l'offre entre l'amont et l'aval.
Plus de fluidité entre producteurs et entreprises locales

La semaine dernière, vous avez assisté pour la première fois à une réunion du comité de pilotage du Pôle agroalimentaire isérois, ainsi qu'au comité d'agrément de la marque Is(h)ere. Quel regard portez-vous sur cette initiative départementale ?

C'est très positif. On ne peut que se réjouir d'initiatives comme celles-ci où chacun a un rôle à jouer et où nous avons tous une valeur à apporter au bénéfice du territoire. Je viens d'intégrer en tant que membre titulaire le pôle agroalimentaire. La Chambre de commerce et d'industrie Nord Isère va accompagnemer les entreprises dans ce projet, elle apportera ainsi sa pierre à l'édifice. Avec les élus et les équipes de la CCI, nous sommes mobilisés aux côtés du Département de l'Isère pour permettre à ce projet de vivre et de se déployer. 

Que pensez-vous des missions du Pôle ?

Le Pôle agroalimentaire de l'Isère va permettre de fédérer les professionnels de la filière agricole et agroalimentaire dans une démarche structurante. Ainsi, chaque acteur de la filière pourra y élargir et renforcer son réseau, tout en bénéficiant d'opportunités commerciales locales et territoriales. Grâce au Pôle agroalimentaire, les échanges seront facilités entre les entreprises, les savoir-faire seront valorisés et les compétences des salariés pourront être renforcées.

En tant que gérant d'une entreprise des métiers de bouche, qu'en attendez-vous ?

Une reconnaissance de circuits à valoriser sur le territoire mais aussi des réseaux à mettre en place pour plus de fluidité dans l'économie agroalimentaire au bénéfice des producteurs du territoire et entreprises locales qui ensemble monteront naturellement en compétences.

Selon vous, que manque-t-il sur le territoire pour que « ça marche » ?

Je ne pense pas qu'il ait des manques. Tous les acteurs sont désormais mobilisés et investis dans ce projet. Chacun y a sa place et un rôle à jouer. Il n'y a donc pas de raison que cela ne fonctionne pas. Je veux être et je suis optimiste. C'est une belle initiative : il nous faut l'encourager.

De quelle manière la CCI Nord Isère compte-t-elle s'inscrire dans la démarche ?

La CCI Nord Isère se mobilise autour des industriels et des professionnels de la grande distribution, qui font partie des entreprises qu'elle accompagne au quotidien. Nous nous engageons à être le lien entre elles et le pôle, à apporter notre expertise afin de les orienter au mieux, avec la volonté de rapprocher l'amont et l'aval de la filière. Nos équipes sont d'ailleurs actuellement sur le terrain dans le cadre de la réalisation d'une enquête relative aux circuits courts et aux produits locaux, auprès des GMS et des grossistes. L'ensemble des données recueillies seront communiquées dans leur intégralité au pôle, afin de mieux mutualiser et organiser l'offre entre les producteurs, et les industriels et les professionnels de la grande distribution.

Qu'attendez-vous de la marque Is (h)ere? De son cahier des charges ?

Elle va permettre de promouvoir le département et de se positionner face à la concurrence en soulignant les atouts de notre territoire et ses particularités. Cette marque va renforcer le sentiment d'appartenance à l'Isère, qui allie montagnes, plaines, vallées, rivières, lacs ; à un environnement économique, culturel et gastronomique d'exception. Nous devons en être fiers et porter haut ses couleurs. J'espère que Is(h)ere nous permettra d'attirer de nouvelles entreprises, de nouveaux touristes et de nouveaux habitants.

Pour le moment, les promoteurs de la marque mettent plus en avant la juste rémunération des producteurs que la qualité (gustative, environnementale...) intrinsèque des produits. Or la qualité correspond à une attente forte des consommateurs. Qu'en pensez-vous?

En effet, il y a clairement une appétence des consommateurs pour les produits bio, régionaux et locaux. Le développement des circuits courts en est également la preuve. De nombreuses initiatives existent déjà sur le territoire en ce sens. La juste rémunération des producteurs est très importante, et elle n'occulte en rien la valorisation des savoir-faire et la qualité des produits. Au contraire, je pense que les deux sont liées. Un bon produit doit être payé à sa juste valeur. Le pôle agroalimentaire devrait faciliter l'organisation entre l'offre et la demande.

Propos recueillis par Marianne Boilève