Pour les multiplicateurs de semences, le compte n'y est pas
Maïs sorgho / Réunis en assemblée générale le 6 mars à Saint-Gervais-sur-Roubion, les adhérents du syndicat des producteurs de semences de maïs et de sorgho (SPSMS) de Rhône-Alpes ont dressé le bilan de la campagne écoulée. Si les résultats techniques progressent, les responsables syndicaux dénoncent une rémunération trop faible pour les multiplicateurs.
La campagne 2025 laisse un goût amer aux producteurs de semences de maïs et de sorgho de Rhône-Alpes. Malgré des surfaces en hausse et des résultats techniques satisfaisants, la rémunération des multiplicateurs recule. Un constat largement partagé lors de l’assemblée générale du syndicat des producteurs de semences de maïs et de sorgho (SPSMS) Rhône-Alpes, organisée le 6 mars à Saint-Gervais-sur-Roubion.
307 multiplicateurs, surfaces en hausse
La campagne 2025 se traduit par une progression des surfaces. En Rhône-Alpes, 3 505 hectares de maïs semences et 178 hectares de sorgho ont été cultivés, soit une hausse de 14 % par rapport à 2024. Au niveau national, les surfaces atteignent 203 000 hectares, en progression de 3 %.
En Rhône-Alpes, la répartition des contrats reste stable entre les entreprises : Top Semence représente 63 % des surfaces, Valgrain 20 %, Bayer 7 %, Syngenta 6 % et Mistral Semence 4 %.
Au total, 133 variétés de maïs ont été multipliées en 2025, dont 23 % en forme stérile. Une particularité régionale persiste : la multiplication d’un grand nombre de variétés sur de petites surfaces. Ainsi, 88 % des variétés sont produites sur moins de 50 hectares.
La filière compte désormais 307 multiplicateurs de semences de maïs dans la région, soit six de plus qu’en 2024. La Drôme concentre l’essentiel de la production avec 226 exploitations et 2 370 hectares, soit 68 % des surfaces régionales. L’Isère suit avec 865 hectares (25 %), tandis que l’Ain, l’Ardèche et le Rhône représentent des surfaces plus modestes. La surface moyenne contractualisée par exploitation atteint 11,8 hectares, avec toutefois de fortes disparités selon les territoires.
Après avoir dépassé 200 hectares en 2024, les surfaces de sorgho ont atteint 178 hectares en 2025, réparties entre vingt-six producteurs. La Drôme représente à elle seule 22 % des surfaces françaises de semences de sorgho. À l’échelle européenne, la France produit 29 % des surfaces, même si la Hongrie reste le premier producteur.
Les performances agronomiques se sont légèrement améliorées en 2025. Les rendements atteignent 36,9 quintaux par hectare en maïs fertile et 37,7 quintaux en maïs stérile. En agriculture biologique, ils s’établissent à 26 quintaux par hectare.
Une rémunération en nette baisse
Malgré ces bons résultats, la situation économique se dégrade. « Produire plus et gagner moins », résume le président du syndicat. La rémunération moyenne nette des producteurs, semences et transport déduits, s’élève à 5 173 euros par hectare en 2025. « C’est près de 1 000 euros de moins qu’en 2024 (- 983 €/ha) », fait remarquer Stéphane Desrieux. Pour les responsables du SPSMS, cette situation est difficilement acceptable. Ils pointent notamment le décalage entre la hausse du prix des semences vendues aux agriculteurs et la rémunération des multiplicateurs.
Depuis 2020, le prix des doses de maïs semences aurait augmenté de 35 à 40 euros. Rapportée à une production moyenne de 220 doses par hectare, cette évolution représenterait plus de 7 500 euros de valeur supplémentaire par hectare sur cinq ans. « Or, cette revalorisation ne se retrouve pas dans nos exploitations », déplore Stéphane Desrieux. Et ce, malgré des primes qualité versées par cinq établissements sur six dans la région. La question de la rémunération reste au cœur des discussions de la filière pour les prochaines campagnes.
C.L.
Des actions soutenues
Bilan
Présentant le rapport d’activité, le vice-président du SPSMS Rhône-Alpes, Gaëtan Brugière, est revenu sur les principaux travaux menés en 2025. Une enquête a notamment été conduite auprès de quinze agriculteurs afin de mieux évaluer les coûts de production, dans l’objectif de préparer les négociations contractuelles. Le syndicat a également poursuivi ses actions de communication pour faire connaître le métier de castreur, indispensable à la production de semences, et attirer de nouveaux candidats.
Sur le plan technique, plusieurs dispositifs ont été maintenus ou renforcés : suivi du pilotage de l’irrigation, mise en place d’un suivi de l’humidité du grain – une nouveauté –, réseau d’épidémiosurveillance (pyrale, héliothis, sésamie, chrysomèle), expérimentations et diffusion d’un bulletin technique hebdomadaire. Le syndicat assure également la gestion administrative et pratique des dix zones protégées d’Ardèche et de la Drôme.
Par ailleurs, un travail de chiffrage des dégâts de corvidés a été réalisé pour alimenter les travaux des commissions départementales de la chasse et de la faune sauvage (CDCFS). Sur la base des déclarations des entreprises, les pertes sont estimées à 430 201 € dans la Drôme et 261 645 € en Isère sur la période 2023-2025.