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Immobilier

Pour un atterrisage en douceur

Des chiffres et un constat : les notaires de l'Isère, au vu de la morosité du marché de l'immobilier, en appellent à la pause fiscale, au maintien de taux attractifs et posent la question de la rénovation du parc ancien.
Pour un atterrisage en douceur

Les prix de l'immobilier ont augmenté de 140% en 12 ans. Et aujourd'hui, leur baisse reste relative en Isère : -2,7% toutes transactions confondues, avec un premier semestre atone et un léger regain en fin d'année. « Le constat le plus inquiétant est dans le neuf », souligne Maître Gabriel Nallet, de la chambre des notaires de l'Isère. Les maisons individuelles enregistrent un recul de 19% et le nombre de permis de construire pour les programmes collectifs a chuté de 15,7%. Il faut dire que les prix restent élevés (3 733 euros le m2 en moyenne à Grenoble), ce qui écarte désormais les primo accédants à la propriété. Les notaires espèrent « un atterrissage du marché en douceur », à la faveur de taux d'intérêts qui restent bas et de la non-augmentation de la fiscalité. Car les besoins de logements sont là. A condition que les constructions neuves correspondent aux besoins. « Le marché a été dopé par le dispositif Scellier, explique Maître Nallet. Bien entendu, cela a participé à la relance de la construction, mais a eu des effets discutables quant à l'utilité d'un tel parc. En revanche, le dispositif Duflot est plus apte à répondre à l'édification de logements conformes aux besoins des locataires. Mais il arrive tard. » En effet, les investisseurs sont à la fois rares et ont vu leur capacité d'investissement asséchée. Quant aux établissements bancaires, ils financent des programmes avec des taux de réservation à hauteur de 30 à 40%. Les notaires pointent également la rareté du foncier, voire un certains attentisme de la part des propriétaires.

Réhabiliter le parc ancien

Dans l'ancien, la situation est tout aussi délicate avec un décrochement du parc datant des années 60 à 70, très largement en dessous des critères qualitatifs aujourd'hui recherchés. « Il y a une perte de rentabilité du marché locatif et les taux de vacance augmentent », commente Maître Nallet, qui invite à ne pas dramatiser le plafonnement des prix, Grenoble étant très en dessous d'une telle pression. A l'achat, les accédants y regardent aussi à deux fois. « La réhabilitation du parc ancien est un enjeu », poursuit Gabriel Nallet.

Le préfet de l'Isère, Richard Samuel, a insisté sur les aides consenties par l'Etat en faveur du logement « mais nous avons du mal à atteindre l'objectif de construction de 500 000 logements par an, car il ne s'en est construit que  300 000 », reconnaît-il. En Isère, 5 542 logements ont été livrés en 2013, dont 2 456 en locatif social. Le préfet a assuré que les crédits de l'Agence nationale de l'habitat (Anah) en faveur de l'isolation thermique et d'un habitat digne ne seraient pas inquiétés. Il a aussi entendu les notaires qui réclamaient la simplification des procédures, « qui permettrait de gagner 4% de taux de croissance ». Enfin, sur la question de la préservation du milieu rural, il a rappelé qu'une commission départementale siégeait à cet effet et qu'il était de son rôle de « discipliner les Scot par rapport aux espaces agricoles et ce qui en est extrait ».

Isabelle Doucet