Première foire
« Peu de personnes savent que les habitants de l'Oisans s'appellent les Uissans », fait remarquer Luc Avisse, sur le stand du Montagnard gourmand, spécialités de l'Oisans. Car parmi les produits régionaux présentés, il y a la 800, la toute dernière née des bières artisanales iséroises made in Oisans, dont le nom est un clin d'œil à son terroir. Luc Avisse est le nouveau brasseur et commercial le temps de la foire. Ce moniteur secouriste des Deux Alpes est un autodidacte qui a décidé, il y a un an, de se lancer dans la microbrasserie. Il a déjà commercialisé 50 hectolitres cet été, et finira l'année avec 200 hectolitres. « La 800 est une bière blonde pur malt », explique-t-il. Fine, peu amère, la nouvelle bière dégage quelques notes florales, qui plaisent au plus grand nombre. Si elle est encore produite par une autre brasserie, Luc Avisse compte installer son unité de production à l'été 2015 à Bourg-d'Oisans, puis se lancer dans des bières blanches et ambrées. « Les recettes sont déjà prêtes ». Pour autant, il est conscient que le créneau de la microbrasserie est déjà pas mal occupé, notamment en Isère. « C'est une idée un peu folle, d'autant que les taxes sur l'alcool pour les petites brasseries ont augmenté. Mais j'ai observé que toutes les brasseries qui travaillent sérieusement, marchent commercialement. Et puis les gens sont très contents d'avoir une brasserie en Oisans ! ». Luc Avisse entend séduire une clientèle de particuliers, mais aussi de restaurateurs, notamment dans les établissements d'altitude. La foire de Grenoble lui apporte une très grande visibilité.
Sur les foires
C'est aussi ce que recherche Guillaume Hug, producteur de petits fruits frais et transformés, qui a créé en 2009 le Clos de Martin à Saint-Martin-d'Uriage. C'est une toute petite exploitation d'un hectare en Isère, que complète une parcelle dans le Vaucluse, sur laquelle le producteur réalise tout lui-même, avec l'aide de ses parents. « Tout est issu de l'exploitation et est transformé », insiste sa mère, qui donne un coup de main pour la partie commerciale et donc à la foire de Grenoble. Avant de se lancer dans les sorbets et les glaces artisanales, le producteur a fait un stage chez Lenôtre à Paris. Il propose aujourd'hui une gamme de plus de 25 parfums. La Clos de Martin réalise également des confitures, des coulis, des pâtes de fruits, des sirops et alcools ainsi que des jus de pomme, le tout en bio. Les produits sont distribués dans des jardineries, des magasins bio et des magasins de producteurs. Enfin, le producteur est présent sur les foires bio comme l'Albenc ou l'éco festival de Lumbin ou bien d'autres manifestations comme la foire de Grenoble, qui sont autant de lieux qui drainent une très forte fréquentation. Pour autant, l'investissement s'élève à plus d'un millier d'euros, ce qui n'est pas rien pour une petite structure. « Nous sommes aujourd'hui reconnus comme faisant des produits de qualité », poursuit Danièle Hug. Avec des productions inextensibles, un gros travail de conduite culturale et une transformation dans un laboratoire de 25m2, l'exploitation touche pourtant à ses limites. Elles sont avant tout humaines. « Mais la passion est là », indique la mère du producteur. Quant à la demande, elle est déjà très soutenue.
Ce n'était pas la première année de présence, mais la deuxième pour les trufficulteurs de l'Isère, dont le principal objectif est de se faire connaître auprès de tous. « Il nous faut produire et produire », insiste Serge Varandian, le président de l'association, qui se désespère de voir combien la Drôme à su planter alors que l'Isère est à la traîne. « Nous voulons créer une marché de la truffe en Isère et réunir un maximum de sympathisants », reprend-il. Sur la foire, les trufficulteurs proposent des dégustations, notamment à base de truffes de Bourgogne dont c'est la saison ou des animations, en particulier de cavage avec des chiens dressés. De celui qui ignore qu'il y a de la truffe en Isère, jusqu'au propriétaire soucieux de valoriser des terrains en déprise, le précieux champignons suscite toujours la curiosité.