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Nord Isère

Préserver l'œdicmène… et les terres agricoles

Dans l'Est lyonnais, la préservation de l'habitat de l'œdicmène criard, une espèce protégée de limicole, va désormais de pair avec celle des terres arables.
Préserver l'œdicmène… et les terres agricoles

C'est un pro du camouflage. Avec son plumage brun clair strié de noir, l'œdicmène criard ne se laisse pas repérer facilement. D'autant que ce limicole à la grosse tête ronde passe l'essentiel de son temps tapi au sol, en terrain sec et caillouteux de préférence. Allié discret des agriculteurs – il se régale d'insectes, larves, mouches, chenilles ou limaces, voire de souris ou de campagnols –, son habitat est régulièrement menacé par les aménagements périurbains, à commencer par les infrastructures industrielles et sportives. Comme l'oiseau est protégé, des mesures compensatoires sont systématiquement mises en œuvre, mais ces mesures, de plus en plus importantes en raison des espaces impactés, se font évidemment au détriment des surfaces agricoles. C'est notamment le cas dans les plaines de l'Est de lyonnais.

Réduire les surfaces

Mises en alerte par la profession agricole, la Capi et la Métropole de Lyon, en partenariat avec les communautés de communes de l'Est lyonnais et de l'Ozon, se sont engagées dans la mise en œuvre d'un programme visant à sauver 80 couples d'oiseaux tout en préservant 12 000 hectares de terres agricoles. Comment ? En réduisant considérablement la surface en terrain aménagé pour l'œdicmène criard dans le cadre des mesures compensatoires. Celle-ci est désormais fixée à « un hectare de surface engravillonnée reconstruite, lorsqu'une surface impactée de 1 à 30 hectares est concernée par un projet ». Cette surface dédiée devra de plus être intégrée au plus près, voire à l'intérieur du projet, de façon à éviter la destruction de terres agricoles.
Parallèlement, les animateurs de la LPO et l'APIE (1) vont faire appel aux agriculteurs pour les aider à protéger les couples d'oiseaux dont la présence a déjà été observée sur le terrain. « La protection consiste au jalonnement du nid (5 m avant et 5 m après), ce qui permet sa localisation par l'agriculteur et l'évitement de ces 10 mètres lors des travaux agricoles », explique Mélanie Hugon de l'APIE. Les chambres d'agriculture de l'Isère et du Rhône prendront contact avec les agriculteurs concernés. Une telle opération a déjà été mise en place depuis trois ans dans la plaine agricole d'Heyrieux. Avec succès.

MB

(1) Association Porte de l'Isère Environnement.