Accès au contenu
Génétique

Préserver les pieds des prim’holstein

Les lésions du pied sont problématique courante dans les élevages laitiers. Un nouvel index de santé des pieds a été présenté lors de l’assemblée générale du syndicat de prim’holstein à Saint-Chef en février dernier.
Préserver les pieds des prim’holstein

En 2016, la génétique prim'holstein a vu arriver l'index acétonémie par le projet GénoSanté qui vise l'amélioration de la santé des vaches laitières. En 2017, ce fut l'index santé des pieds grâce aux données collectées auprès des pareurs. « Les boiteries sont la deuxième pathologie la plus fréquente et la plus coûteuse après les mammites », Léo Bernard, inséminateur sur le secteur de Saint-Chef. 11% des femelles présentent une boiterie clinique et il existe 21 lésions possibles du pied. Parmi les lésions infectieuses, les plus courantes sont la dermatite et l'érosion de la corne du talon, et dans les lésions non infectieuses, ce sont la bleime et l'ulcère de la sole. Les conséquences directes de ces pathologies sont la limitation du déplacement et de l'ingestion, provoquant une chute de la production. « Les réformes sont 8,4 fois plus élevées chez les vaches atteintes de boiterie », rappelle le technicien. Avec une boiterie clinique, la consommation d'aliment chute de 7% et la production laitière de 17%. Si la boiterie est sévère, l'alimentation diminue de 16% et la production de 36%. Il y a également des conséquences indirectes comme un déséquilibre alimentaire pouvant causer une acétonémie ou une acidose, ou une baisse d'immunité causant des mammites ou des métrites. Au total, le coût moyen d'une boiterie serait estimé à 265 euros : 80 euros de traitement et le lait jeté, 75 euros pour la baisse de production, 60 euros de risque de réforme et 50 euros pour la fertilité.

Faible héritabilité

Un index du pied a donc été développé, basé sur les paramètres génétiques de 127 000 vaches laitières. La population de référence de l'index est composée de presque 12 000 vaches et 2 500 mâles génotypés. L'évaluation génétique comptabilise 7 lésions caractérisées dont la dermatite et la bleime. Selon les résultats annoncés, l'index génomique permettrait une diminution de la présence de ces pathologies. « Il faut voir comment un index génomique peut avoir son importance dans ces pathologies. Elles varient beaucoup en fonction de l'environnement », explique Damien Fournier, président du syndicat prim'holstein de l'Isère. Si le doute auprès des éleveurs est présent, c'est que l'héritabilité, à savoir la part due à la génétique dans ces pathologies du pied, n'est que de 0,02, pour les lésions infectieuses, à 0,08 pour les lésions non infectieuses sur 1. Ce chiffre est à comparer à l'héritabilité du taux protéique située à 0,4 ou encore celle du lait à 0,3. Le technicien précise ainsi qu'avant d'adopter un tel index, il faut analyser son « risque troupeau ». Il faut par exemple connaître la fréquence des anomalies dans son troupeau, si elle est plus ou moins supérieure à 30% du troupeau. Il faut aussi analyser le milieu de vie car le temps de présence en bâtiment ou un environnement humide peuvent favoriser les lésions. L'objectif est de bien de différencier un « effet milieu » de la génétique.
Si l'index est trop récent pour certains éleveurs, il va se développer pour répondre à la demande. « La dermatite sera le plus gros problème dans les années à venir », confirme Damien Fournier.

Virginie Montmartin

Les prim'holstein en bon développement

Avec deux vaches montées au Salon de l'agriculture cette année, le syndicat des Prim'Hosltein commence bien l'année.

Le nombre de vaches prim'holstein par élevages a augmenté entre 2014 et 2018 passant de 54 à 62,4. En moyenne, elles ont plus produit aussi : en 2014, c'est 8 449 l contre 8 504 l en 2018. Dans le même temps, les taux butyreux (TB) et protéiques (TP) ont aussi augmenté, passant de 38 en 2014 à 39,9 en 2018 pour le TB et de 31,8 à 32,1 pour le TP. « Les taux augmentent tout en stabilisant la production », félicite Anne Chapon, technicienne du département. Au classement isérois, les trois premières exploitations sont le Gaec des Prairies, le Gaec de Flevin et le Gaec des trois sapins. C'est d'ailleurs une vache du Gaec de Flevin, Stella, qui est deuxième au classement des Grandes Laitières avec plus de 145 000 l de lait en 11 lactations. Deux vaches iséroises ont dépassé cette année les 100 000 l de lait et ont reçu la médaille d'or : Chanel, du Gaec de Flevin avec 101 237 litres de lait en 8 vêlages et Voyageuse, une vache au 10ème vêlage qui totalise 103 829 l de lait.