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Forêt

Priorités aux routes

L'assemblée générale de l'Union des propriétaires forestiers de l'Isère s'est déroulée à Claix.
Priorités aux routes

« Votre seul espace de liberté, c'est le document de gestion. On peut faire ce qu'on veut dans le cadre de ce qui est écrit », a lancé Luc Bouvarel, le directeur général de Fransylva, en direction des forestiers privés de l'Isère réunis fin mai en assemblée général à Claix. Il a présenté la stratégie de la fédération, qui désire peser davantage auprès des élus. Cela passe par le recrutement de nouveaux adhérents, qui sont aujourd'hui au nombre de 40 000 en France, pour être force de proposition alors que la loi Notre prévoit des modifications intéressant les propriétaires forestiers. La maîtrise du sujet passe forcément par des formations, assurées dans le cadre du Fongefor, avec le CNPF, sur l'appropriation de l'outil internet au service de la gestion forestière. Un autre axe de travail porte sur l'évolution de la sylviculture. « Nous sommes le troisième pays européen en surfaces forestières et le premier en stocks de bois sur pied. C'est une richesse sous-utilisée », a insisté Luc Bouvarel en mettant en avant les grands projets tels que les futurs immeubles en bois de grande hauteur. Le dernier point est la question de la stratégie forestière européenne « qui ne doit pas être seulement poussée par des acteurs du secteur de l'environnement ou de la filière énergie », note encore le directeur de Fransylva. La fédération dispose par ailleurs de son propre fonds afin d'accompagner les initiatives en termes de valorisation de l'image du forestier et en faveur de la recherche pour le renouvellement de la forêt française.

Des bois inacessibles

René Sabatier, ingénieur territorial du CRPF a pour sa part dressé le bilan du programme PPRDF* qui s'est déroulé entre 2012 et 2015. Il a permis la création en région de 75 km de pistes, la récolte de 185 000 m3 de bois et l'installation de 9 500 m de câbles. Pour autant, les forestiers n'ont pas observé sur la période une augmentation significative des volumes prélevés. Il s'agissait surtout d'aller chercher des bois jusque-là inaccessibles. Pour la sa part, l'ONF a réalisé 60 km de route et 40 km de pistes. Si le niveau d'activité est resté modeste, c'est en raison du ralentissement dans le milieu du bâtiment (-27%) qui a également touché la construction bois. Pour autant l'ingénieur souligne la nécessité de procéder à quelques ajustements. « Les industries de première et deuxième transformation ont besoin de bois de qualité et en quantité. Mais pas que. Certains marchés, comme celui de l'emballage se développent et se trouvent en déficit de ressource en raison de la concurrence du bois énergie. On voit trop de bois partir dans les chaufferies. » Pour le spécialiste : « des choses se passent qui ne sont pas tout à fait logiques. »

Reconduction du plan régional

L'ingénieur a pu aussi rassurer les plus inquiets car le PPRDF est reconduit pour 2016 à hauteur de 750 000 euros (il était de 785 000 euros par an sur la précédente période, représentant huit équivalent temps plein dans les chambres d'agriculture et six au CRPF). En 2017, le plan sera remplacé par le PRBF avec de nouvelles orientations portant sur les investissements, l'animation et l'agroforesterie. Pour le CRPF, « la priorité reste la création de dessertes pour mobiliser le plus de bois », rappelle René Sabatier. Sur les 80 kilomètres de pistes créés ces dernières années en Isère, 50 l'ont été au titre du CRPF dont 23,7 km dans le Vercors. L'ingénieur précise que dans d'autres secteurs comme Belledonne, des voies ont été créées sur d'autres financements que le PPRDF.
L'an prochain, l'UPFI compte fêter ses 80 ans sur les lieux de sa création, c'est-à-dire a Saint-Pierre-de-Chartreuse, a annoncé son président Bruno de Quinsonas en fin d'assemblée générale.

Isabelle Doucet

Claix ouvre sa partie sommitale

Si les propriétaires forestiers de l'Isère ont choisi de tenir leur assemblée générale à Claix, ce n'est pas par hasard. La forêt, principalement localisée sur le piémont du Vercors, dont une partie à plus de 1 000 mètres d'altitude, couvre une superficie de 1 200 hectares soit 47% de la commune. « Nous avons mené en 2015 un gros chantier de recalibrage des pistes et de création de nouvelles routes forestières, explique Christophe Revil, adjoint à l'environnement. C'est un investissement de près de 90 000 euros, financés en partie par le Feader, qui nous ouvre potentiellement 130 hectares de forêt à exploiter, dans la partie sommitale de la commune jusqu'alors inaccessible ».
La forêt claixoise est parcourue par une quinzaine de kilomètres de pistes et le conseil municipal a voté l'adhésion de la commune au programme de reconnaissance des certifications forestières en avril dernier. Pour favoriser l'entretien de ce patrimoine forestier, le principe des coupes affouagères a été relancé. « Nous avons mobilisé cinq équipes de volontaires », reprend Christophe Revil. Mais l'intérêt reste relatif. « Dans les années 90, on comptait jusqu'à 30 équipes, qu'il fallait tirer au sort ! » Quant aux parcelles les plus inaccessibles, c'est grâce au débardage par câbles que certaines ont pu être coupées. « Mais cela laisse des cicatrices, il faut l'expliquer à la population », explique l'élu de cette commune périurbaine où peuvent naître des conflits d'usage.
ID

 

Portage forestier pour le Lyon-Turin

Représentant des propriétaires forestiers au sein de la commission de concertation du projet du tunnel Lyon-Turin, Henri Greyfié de Bellecombe a annoncé la création d'une commission spécifique pour les questions forestières dans la mise en place du portage.
En Isère, 77 hectares sont concernés (339 hectares agricoles et 161 hectares de forêts sont situés sur le fuseau du tunnel en Isère, Rhône et Savoie). Le CRPF mène une étude pour recenser toutes les parcelles forestières susceptible d'être expropriées. Si le projet venait à être signé, les expropriations n'interviendraient pas avant 2018. La mise en place d'un système de portage permettra de poursuivre l'exploitation des parcelles jusqu'à ce que SNCF réseau en ait besoin.

*Plan pluriannuel régional de développement forestier