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Sica Noix

Production sur mesures

L'opérateur, qui vient d'emménager dans les locaux du CING, a dressé le bilan du programme opérationnel lancé il y a trois ans avec le soutien de l'Europe.
Production sur mesures

L'assemblée générale de Sica Noix, qui s'est tenue à Chatte le 7 septembre dernier, a été l'occasion de présenter le bilan de la campagne écoulée, mais aussi de faire le point sur les avancées du programme opérationnel mis en place il y a trois ans. Certes, sur les 73 adhérents de la Sica (68 producteurs et 5 négociants), tous ne sont pas intéressés par le dispositif. « Les producteurs ne bénéficient pas tous de subventions, car ils ne font pas de demande », constate Véronique Charroin, la technicienne de Sica Noix.

Les « plus actifs » d'entre eux ont pourtant bien saisi l'enjeu en matière d'investissement. Financé par l'Europe dans le cadre de l’Organisation commune des marchés, ce coup de pouce en faveur de l'excellence, de la planification et de l'optimisation des coûts de production n'est en effet pas négligeable. Au 7 septembre 2018, l'enveloppe globale du programme s'est élevée à 457 317 euros, pour moitié financés via France Agrimer, le reste étant à la charge des producteurs. A titre d'exemple, la mesure 1, qui soutient l'achat d'atomiseurs, de palox ou de matériel de préconditionnement, permet de financer 45 % des dépenses réelles. Idem pour les autres mesures, comme celles liées à la qualité des produits (achat de plants de noyers, indicateurs d'humidité pour la gestion du séchage, analyses de sol, analyses de résidus, obtention - ou maintien - de la certification Global Gap) ou encore les mesures liées à l'environnement (obtention ou maintien de la certification PFI, outils de pilotage de l'irrigation, systèmes de récupération et de dégradation des effluents phytosanitaires, acquisition de matériel pour l'entretien mécanique du rang, lutte alternative par piégeage). Mais ces aides ne sont pas sans contreparties, ce qui freine certains producteurs. 

Lutte alternative

Lors des échanges avec la salle, un producteur s'est inquiété de la disparition de certains produits phyto, comme le Calypso ou le Suprême, deux néonicotinoïdes interdits depuis le 1er septembre. « Nous lui avons répondu qu'il y avait d'autres moyens de lutte contre le carpocapse et de la mouche du brou », précise Bernard Gaillard, le président de Sica Noix. Le programme opérationnel permet d'ailleurs, via les mesures 3.4.6 a, b, c et d, de s'équiper en pièges ou en matériel de confusion sexuelle. Problème : si le producteur touche des aides pour s'équiper, il doit déduire de sa facture justificative 51 euros par hectare pour « économie d'intrants ». Logique, mais trop pénalisant aux yeux des producteurs. De son côté, l'OP qui souscrit à cette mesure - en l'occurrence Sica Noix - doit s'engager à la mettre en place pendant cinq ans. « Si un producteur met en place cette méthode pendant deux ans et qu'il abandonne, nous devons trouver quelqu'un d'autre pour le remplacer », précise Véronique Charroin.

Le programme opérationnel n'est pas pour autant figé. Chaque année, des modifications peuvent être apportées, de façon à répondre précisément aux besoins des adhérents. Cette année, l'OP a ainsi rendu éligibles trois nouveaux matériels (trieur optique, soufflerie sur broyeur et broyeur pour les bois de taille), une nouvelle mesure concernant la participation à des essais collectifs, les analyses des reliquats azotés ainsi que de nouvelles actions en faveur de la confusion sexuelle et du piégeage. L'ensemble de ces mesures, qui ont déjà reçu un accord de principe, seront envoyées à France Agrimer d'ici fin octobre. Les conventions entre la Sica et les producteurs, ainsi que les demandes de prises en charge, seront signées d'ici la fin de l'année 2018. Quant au paiement des subventions, il interviendra entre la fin janvier et début février 2019.

MB

 

Bilan de la récolte 2017

Avec 1 401 hectares de superficie au total, le verger de Sica Noix est stable (surface moyenne par exploitation : 20,6 hectares). Il est à près de 80% constitué de variété AOP (75% de franquette), de 10,7 % de fernor et de 9 % de lara. Un quart des plantations a moins de 10 ans (15% moins de cinq ans), et 75% est en production.
Côté récolte, l'an dernier, la Sica a commercialisé 2 993 tonnes de noix (converties en équivalent noix sèches), dont 308 tonnes de noix fraîches (285 tonnes de lara, 23 tonnes de noix de Grenoble, le reste en noix communes) et 2788 tonnes de noix sèches (2094 en noix de Grenobe et 694 en noix communes). Des volumes en légère hausse (+ 4,6 % par rapport à 2016), mais avec de fortes disparités selon les secteurs.
La commercialisation a été réalisée à 70 % par les cinq négociants adhérents à Sica Noix, le reste étant réparti entre cinq metteurs en marchés non porteurs de parts sociales (21% du volume) et les producteurs conditionneurs (9%).