Profession : accoucheuse de projets
La crise sanitaire n'a pas provoqué de baisse de régime partout. En tout cas pas chez les agriculteurs ni chez ceux qui les accompagnent. Certains services de la chambre d'agriculture ont même connu un surcroît d'activité. C'est le cas du service Bâtiment qui a traité un nombre de dossiers bien supérieur à la normale : plus d'une centaine contre une petite soixantaine habituellement. « Nous avons sans doute connu un effet PCAE, du fait de la fin du programme d'aide qui courait sur la période 2015-2020 », avance Fabienne Guerraz, conseillère bâtiment à la chambre d'agriculture de l'Isère.
La fin annoncée du Plan de compétitivité et d'adaptation des exploitations agricoles (PCAE) a en effet conduit les agriculteurs à mobiliser largement le dispositif pour solliciter une aide à l'investissement. « Tous les porteurs de projet que j'ai suivis ont eu leur accord pour le PCAE », constate Fabienne Guerraz. Il s'agit autant de jeunes en cours d'installation que d'agriculteurs cherchant à moderniser ou diversifier leur exploitation. « Nous avons eu toutes sortes de dossiers : des projets de bâtiments d'élevage, du stockage, de la transformation ou des projets combinant usage agricole et habitation », décrit la conseillère.
Réflexion et maturation
Quel que soit la nature du bâtiment, le processus d'accompagnement est le même. Qu'il s'agisse d'un projet d'aménagement, de construction ou d'aménagement, il y a d'abord une phase de réflexion et de maturation, au cours de laquelle le projet peut également être analysé sous l'angle de la viabilité. « Nous intervenons dès le début pour accompagner l'agriculteur dans la conception de son projet, explique Fabienne Guerraz. Nous allons chez lui pour voir ce qu'il veut faire : en général, il a plein d'idées et plein d'attentes. C'est aussi l'occasion de repérer les atouts, les contraintes, et de faire ensemble un premier croquis. »
A partir de là, le conseiller reprend le dossier, l'analyse et envisage plusieurs propositions, qui permettront au porteur de projet de faire un choix éclairé, d'avoir des plans précis - utiles pour consulter les entreprises prestataires - et de faire le lien avec les aides mobilisables. « C'est là-dessus que l'on travaille et que l'agriculteur s'approprie son futur outil de travail, indique la technicienne. Quand le projet est mûr, on aborde la phase permis de construire. Nous nous chargeons de tout : il n'a plus qu'à signer et déposer le projet à la mairie. » Un gain de temps non négligeable quand on porte un projet de bâtiment, quelle que soit son ambition.
MB