Promotion et génétique au programme
Charolais Sud-Est / Le syndicat Charolais Sud-Est a tenu son assemblée générale à Lucenay (Rhône) le 10 mars. Bilan et préparatifs de la foire de Beaucroissant et génétique ont animé les débats.
Tous se souviendront de l’édition 2026 de la foire de Beaucroissant. En effet, crise sanitaire oblige, le ring du rendez-vous d’automne isérois est resté désespérément vide. Rien qui puisse décourager les éleveurs de charolais régionaux passionnés par leur métier. En effet, selon Raphaël Loveno, président du syndicat Charolais Sud-Est, qui a tenu son assemblée générale le 10 mars dernier à Lucenay (Rhône), la mobilisation de la filière et la fidélité du public sont restées intactes. « Nous avons enregistré une baisse de seulement 15 % sur notre pôle de restauration. Cette baisse est moindre en comparaison des autres restaurants de l’événement », souligne l’éleveur isérois, qui reconnaît par ailleurs que les échanges ont été nombreux et riches lors des trois jours de l’événement. « Nous avons organisé le vendredi et le samedi des dégustations de viande cuite à la plancha. Sans les animaux, nous avons eu davantage de temps pour échanger, parler de notre métier et expliquer la crise que nous traversions à ce moment-là. »
Le bilan, somme toute positif, dressé, il est temps pour le syndicat et sa troupe de bénévoles de se tourner vers la prochaine édition prévue du 11 au 13 septembre prochains. « Nous sommes déjà dans les starting-blocks », assure le président. Les éleveurs sont prêts à faire remonter leurs bêtes sur le ring. « Au moment où l’on parle, des vaches seront présentes à Beaucroissant », affirme Raphaël Loveno. Ce dernier avoue croiser fort les doigts pour ne pas voir la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) réapparaître d’ici là, tout en restant confiant. « Nous avons bon espoir de retrouver une foire normale », soutient-il. Quant au bâtiment prévu pour accueillir les animaux, le projet devrait être relancé sous peu. « Les élections municipales ont mis les choses sur pause. Maintenant, il est grand temps de remettre l’ouvrage sur la table et de signer pour que le projet se concrétise », indique le président soulignant que le syndicat et la Région ont d’ores et déjà donné leur feu vert.
Veau d’or, un pedigree en or
Au-delà de la promotion de la race charolaise, le syndicat Charolais Sud-Est a à cœur de développer la génétique. Depuis plusieurs années, il porte une action génétique qui consiste en l’achat à plusieurs d’un veau au pedigree remarquable. Ainsi, l’an dernier, 31 élevages ont pris des parts dans l’achat de Veau d’Or, dont la mère et le grand-père ont été primés comme champions à Paris. « 1 200 doses au total ont ainsi été réservées à raison de 500 € les 50 doses et 300 € les 25. Notre objectif est de permettre à tous les élevages d’avoir accès à une belle génétique », explique le président du syndicat. Et pour la première fois cette année, le syndicat a décidé de vendre des doses à l’extérieur du groupe. « Nous avons la possibilité de mettre notre taureau aux normes pour vendre des doses partout en France et à l’étranger. Ce sera chose faite, nous avons décidé de demander 1 000 doses supplémentaires en plus des 1 200 déjà réservées », explique Raphaël Loveno. Une manière d’élargir la diffusion de cette génétique, tout en consolidant l’autonomie financière du collectif. Cette dynamique génétique s’inscrit dans une perspective plus large : préparer l’acquisition d’un prochain veau, une fois Veau d’or vendu. Le défi principal reste la constitution d’un budget suffisant, mais la volonté de pérenniser ce modèle collectif est ferme : faciliter l’accès à une haute génétique, à un coût que les exploitations pourraient difficilement assumer seules.
Enfin, l’horizon 2026 marquera un temps fort : les 30 ans du syndicat Charolais Sud-Est, célébrés à l’occasion de la foire de Beaucroissant. Une grande soirée est en préparation, réunissant partenaires et anciens éleveurs. Une manière de rendre hommage aux pionniers, de valoriser le chemin parcouru et de fédérer autour d’une nouvelle étape. Entre engagement génétique, défis organisationnels et projets structurants, le syndicat Charolais Sud-Est affiche une volonté constante : faire vivre une dynamique collective au service des élevages, des territoires et de la filière.
Marie-Cécile Seigle-Buyat