" Qu'Auvergne Rhône-Alpes devienne autonome alimentairement d'ici 2030 "
La ruralité, ce n'est pas seulement l'agriculture, mais tout un tissu social et économique qui fonctionne en harmonie et complémentarité.
Nous sommes lucides face à une réalité. Nous sommes dans un système où les crises sont multiples. Nous sommes à un moment charnière et l'on ne s'affranchira pas d'un environnement dont nous dépendons.
Il y a un enjeu de santé. Les premiers touchés par l'utilisation des produits phytosanitaires sont les agriculteurs, puis viennent les consommateurs. Nous avons tous des liens directs avec l'agriculture.
Au niveau économique, on voit bien que le système ne fonctionne pas. En production de lait ou de viande, les gens ne vivent pas de leur travail. Cela n'a pas de sens et c'est terrible d'un point de vue moral.
En lien avec l'urgence climatique, il faut donc s'adapter au changement,
réduire les GES par moins de déplacements donc moins d'import-export et en étant le plus local possible. Nous ne devons plus être soumis aux cours et maîtriser les échanges.
Gérard Leras, conseiller régional, a travaillé sur le foncier lors du précédent mandat pour aider les élevages à l'autonomie alimentaire et leur éviter l'achat de produits d'importation.
Par le biais du Feader, il y a des opportunités pour opérer le changement.
Il faut permettre l'installation de jeunes et favoriser la mutation agricole. Cela passe par les lycées agricoles mais aussi par le conditionnement des aides à la création d'exploitation et non pas à l'agrandissement, qui ne mène nulle part. Il faut favoriser les reconversions et la transition des exploitations conventionnelles vers le bio. Cela fait partie du processus. A condition que tout le monde y trouve son compte et gagne en qualité de vie.
De son côté, la volonté du consommateur, d'être au plus près du producteur, est déjà en marche. Il faut repenser la consommation et la production de manière locale et s'affranchir des cours internationaux. Cette façon de consommer passe aussi par un travail avec les associations de consommateurs, les lycées et des projets d'éducation à la consommation. On ne peut pas faire les choses en les amenant de haut, mais en concertation, comme dans le cadre des CDDRA, qui ont permis la création de magasins de producteurs dans le Sud Isère.
Nous voulons travailler sur ce changement de paradigme pour que les réseaux parallèles deviennent les réseaux habituels. On ne paiera pas plus cher.
Nous avons pour objectif que la région Auvergne Rhône-Alpes devienne autonome alimentairement d'ici 2030. Mais le choix d'une agriculture ne peut se faire sans les acteurs locaux. Il faut faire ensemble et aller vers la sobriété alimentaire, en changeant les modes d'exploitation et de consommation. C'est une question d'intérêt général, vivre ensemble passe par bien manger.